Le Père-Ver ( chapitre X ) .

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Fusain L. L.( cliquer pour agrandir )

CHAPITRE X

La nouvelle a éclaté, comme une bombe, au journal télévisé de vingt heures, hier soir. Un mal d’origine inconnue, sévit uniquement chez les humains de « race » mâle. Cette maladie épouvantable a pris naissance dans les Emirats et des cas ont fait leur apparition en France, en Allemagne, en Italie et en Amérique du nord.
On a bien tenté de dissimuler quelque temps cette information pour ne pas affoler les populations, mais le mal se propage à une telle allure que l’on compte déjà des dizaines de morts.
En fait, le sujet mâle commence par ressentir une grande fatigue physique qui va en empirant chaque jour. Au bout de quelques semaines, il voit ses cheveux blanchir peu à peu et son corps tout entier vieillir comme en accéléré. Pendant cette période, le malade attrape toutes sortes d’infections, car son système immunitaire devient incapable de fonctionner. Six mois plus tard, il disparaît phagocyté par toute la flore microbienne et virale, qui a dynamiquement envahi son corps prématurément vieilli. En résumé, son horloge génétique se détraque et son système immunitaire tombe en panne.
Alarmés, de gros industriels américains lancent aussitôt des programmes de recherche financés par des budgets faramineux.
Certains de ces nababs se regroupent et font construire d’urgence, une sorte d’immense cloche transparente où ils installent tout ce qui est nécessaire à la vie en autarcie.
Aucune femme ne veut les suivre dans leur prison dorée. Chacun son tour !
Le mal continue à se propager. La télé, les quotidiens, les hebdomadaires, le monde des arts et des lettres, les usines, les rues, les supermarchés, les moyens de transport, se vident de la « race » mâle.
Comme la nature a horreur du vide, ce sont les femmes qui s’installent à sa place, ma foi, avec beaucoup de bonheur.
On entre jour après jour, dans un univers de femmes. On ne voit plus de prêtres, de pasteurs et autres imams, qui se croyaient autorisés à gouverner le sexe, le ventre et la vie des femmes. Dans les rues, on ne croise plus de Foulards Islamiques ni de Bonnes Sœurs. Les églises, les temples et autres mosquées, ferment leurs portes faute de pratiquants. Les femmes ont toujours su que la morale existe hors des religions et que l’énergie créatrice les rassemble, alors que les croyances et les dogmes, finissent toujours par les séparer.
Les sex-shops font faillite et les revues pornos s’entassent dans les rayons spécialisés, avant de finir à la poubelle.
Il n’y a plus de militaires et les casernes, vides, se transforment en centre d’éducation et de formation. On ne trouve pas de femmes assez débiles, même parmi les plus revanchardes, les plus agressives, les plus perverses, pour aller prendre la relève des mâles décimés par la maladie. Elles savent, elles, le prix de la vie puisqu’elles la fabriquent pendant neuf longs mois. On assiste à l’émergence d’Assemblées Laïques qui se tiennent dans des Maisons de Quartier. Chacune peut débattre, là, des problèmes de la famille, de l’éducation des enfants, du respect d’autrui, de l’environnement, des prix…
Les partis politiques n’existent plus, privés de leurs grands prêtres et de leurs supporters sectaires. Ce qui permet aux Maisons de Quartier de se structurer de plus en plus et de trouver des solutions pratiques et adaptées, aux problèmes de l’habitat, de la scolarité, de la voirie, de la justice…
Les prisons se vident aux trois-quarts et le budget qui y était consacré sert désormais à la formation des petites filles et à la réinsertion, effective, des détenues.
Sur toute la planète, les femmes tout d’abord incrédules et désarçonnées par tant de liberté, tant de pouvoir créateur désormais entre leurs mains, commencent à s’organiser pour se construire un Univers de Femmes, c’est-à-dire une famille, un quartier, une ville, un pays, où elles participent activement, pleinement et intelligemment à toutes les décisions, a toutes les réalisations à quelque niveau que ce soit, et dans tous les domaines. Il n’y a plus de modèle mâle à singer. Elles ne vivent plus par procuration. On fait désormais appel à la compétence et non plus au pouvoir du fric et de la magouille.
Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, peu de temps après, une biologiste réussit à féconder un ovule de femme avec un autre ovule féminin et obtient bien sûr, une petite fille. Plus de risque désormais, de mettre au monde un petit mâle, avec le recours, ces derniers temps, à la banque de sperme. Pendant des siècles, on avait sacrifié des bébés filles, non désirées par leur père. La nature s’était chargée d’inverser le cours des choses, à l’avantage des petites filles cette fois ; juste retour des choses !
La planète s’est comme apaisée peu à peu, mêmes les routes deviennent moins meurtrières, plus vivables. Les femmes ayant voté la limitation mondiale de la vitesse à quatre-vingts km/h, tous les efforts des constructrices se concentrent désormais sur le confort et la sécurité.
Les guerres ont cessé… faute de combattants. Le colossal budget de la défense, désormais obsolète, sert à financer les crèches « Quatre étoiles » et des quasi-palaces pour personnes âgées. Ce budget a aussi fourni des capitaux pour construire des théâtres, des piscines, des parcs d’attraction gratuits.
À quelques rares exceptions, les femmes jouissent de leur nouvelle vie sans regretter la disparition, massive, de la « race » mâle. La majeure partie d’entre elles a jusqu’à oublié leur existence parquée à l’intérieur des bulles de survie, qui se sont multipliées en vain.
Des savantes se sont penchées sur ce terrible mal et ont rendu leurs observations publiques. Apparemment, aucun microbe, virus, rétrovirus ou prions, n’est la cause de cette maladie. Le fait même d’appartenir à la « race » mâle, implique que l’on est porteur d’un patrimoine génétique, capable de programmer ce mal. Et le gène récessif, responsable de la maladie, jusque-là en sommeil, a été réactivé par un facteur bien précis. Les savantes émettent l’hypothèse suivante : quand un organisme met en péril la survie d’un autre organisme, le premier finit par disparaître, parce qu’il est incapable d’adaptation, seulement de domination. Si la nature laissait faire les dominants, la richesse et la variété de la vie sur terre disparaîtraient au profit d’une seule et unique espèce.
Pendant que la « race » mâle s’éteint un peu partout dans le monde, les cités des femmes prospèrent. Toutes les lois sur l’immigration sont abrogées. Il y a du travail pour toutes celles qui s’investissent dans un métier. Celles qui préfèrent s’occuper de leurs enfants reçoivent un salaire confortable, jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de trois ans.
Bref, les femmes conjuguent leurs efforts pour arriver à construire une planète féminine, un univers de femme, sans frontières, sans barrières de couleur, de nationalité ou de religion et dans le respect scrupuleux de l’autre. Chaque mère, chaque éducatrice, insiste jour après jour, pour que chaque petite fille assimile et intègre à sa vie la notion suivante : « je ne suis pas obligée d’aimer autrui, mais pour survivre sur cette planète, je suis absolument obligée de le respecter. »
Des dizaines d’années s’écoulent. La « race » mâle n’est plus qu’un mauvais souvenir, qui remonte à la surface à l’occasion de la consultation d’archives ou de vieux albums de famille. On a construit des musées ou des conférencières racontent aux nouvelles générations de filles, la vie de leurs grand-mères. Grâce aux documents conservés, elles découvrent avec stupeur, l’existence passée des pères violeurs , des maris fouettards des filles voilées jusqu’aux yeux ou mutilées dans leur sexe, de la haine religieuse de l’Irlande, du Liban, des intégristes…
Chacune sait que l’histoire est un éternel recommencement. Un jour, dans une assemblée de quartier, quelques femmes soulèvent le cas du sperme conservé dans l’azote liquide depuis des lustres. Bientôt la question se pose à l’échelle de la planète. Que faut-il faire de cette semence, stockée dans la réserve mondiale, même pas gardée d’ailleurs !
Une majorité de femmes veut la détruire. À quoi bon conserver ce produit devenu obsolète, puisque depuis des décennies on fabrique des petites filles par fécondation d’ovules.
Une « Assemblée Mondiale des Femmes de la Terre », regroupant les responsables de toutes les grandes villes de la planète, se tient à Paris. Un tirage au sort en a décidé ainsi.
Pendant des jours et des jours, les porte-parole de chaque grande ville argumentent, à tour de rôle, leur point de vue. Deux grands courants se dessinent, les pour et les contre, avec quelques indécises.
Il est décidé que toutes les interventions faites à l’Assemblée Mondiale, seront retransmises à la télé et à la radio, à l’échelle planétaire. Un référendum aura lieu six mois plus tard, scellant définitivement, le sort réservé au sperme « congelé ».
Pendant cette période d’attente, des discussions passionnées se tiennent dans la rue, au bureau, au sein des familles qui regroupent souvent quatre générations de femmes. Aucune d’entre elles ne manque les retransmissions des discussions télévisées. Ce soir, une jolie rousse, d’une quarantaine d’années, ouvre le débat.
– Vous savez que les mêmes causes produisent les mêmes effets dit-elle. Avec le retour de la « race » mâle, nous rentrerons dans une époque de glaciation avec le gel de toutes nos libertés. Liberté de penser, de travailler, de gérer notre ventre, notre vie … Nous perdrons à nouveau notre identité, pour rentrer dans le moule fabriqué par le père ,le mari, la religion, la société mâle. On assistera de nouveau à la « désertification des femmes », dans les médias, dans les assemblées qui nous gouvernent, dans les postes de direction des administrations et des entreprises… On verra partout le retour des chefs. Les guerres « refleuriront » ici et là, ainsi que les viols, incestes et violences de toutes sortes. C’est çà que vous voulez ? C’est d’une vie pareille dont vous rêvez ?
Une toute jeune fille lève le doigt et prend la parole.
– Je sais, mes propos ne vont pas m’attirer beaucoup de sympathie, mais tant pis. Je n’ai pas connu l’époque où la « race » mâle régnait en maître sur la planète et je ne suis peut-être pas objective. Cependant, ne pensez-vous pas que l’opposition franche, massive et radicale des femmes aux lois qui les opprimaient, aurait pu dévier le cours de l’histoire ?
Une mamie qui mordille sa branche de lunettes, intervient.
– Si je résume vos interventions, le mâle est “chromosomiquement” enclin à dominer et asservir la femme et celle-ci est viscéralement portée vers la passivité masochiste. La solution serait donc la destruction totale du stock de sperme « congelé », afin que l’histoire ne se répète pas.
– J’ai bien une solution à vous proposer, dit une petite voix fluette. La « race » mâle a réussi au cours des siècles, à façonner par différents moyens, une femme conforme à ses besoins. Il n’y a qu’à copier l’idée. Fabriquons non plus un mâle, mais un homme correspondant à nos désirs. Nous avons bien une banque de sperme archivée ? Lançons un vaste programme de recherches, afin d’obtenir un spermatozoïde débarrassé des gènes qui ont causé notre perte et conséquemment la leur. Si nos savantes réussissent à créer un spermatozoïde totalement « inoffensif » pour les femmes. Nous devrons quand même attendre la disparition totale des témoins et des victimes de l’époque pendant laquelle vivait la « race » mâle, avant de créer le petit « Homme Nouveau ».
– Mais pour quoi ? demande une adolescente toute menue.
– Pourquoi ! s’exclame la mamie qui était déjà intervenue. Pour que la « race » mâle ne fasse plus jamais son apparition sur la terre. Non ! Jamais plus. Il ne faut pas oublier que nous sommes aussi, le résultat de notre milieu familial et de notre éducation.
Les nombreuses interventions retransmises à la télé, font le tour de la question. Le référendum a lieu.
Cinq ans plus tard, la Planète des Femmes fête la naissance du premier petit Homme Nouveau. Neuf mois après la disparition de la dernière femme témoin de l’époque révolue.
Le chant répétitif et proche d’une tourterelle me sort de mon lourd sommeil. Je réalise que j’émerge d’un long rêve touffu. Tout ce grand chambardement n’a probablement aucune chance de se produire un jour. Pourtant l’espace d’un instant j’avais cru à sa réalité : un vrai bonheur !
Ekseption, toujours réveillé le premier, m’a préparé un thé au lait délicieux, comme lui seul en a le secret.
– Je suis d’une humeur de bouledogue, lui dis-je, avant d’entamer les câlins du matin.
Il me regarde d’un air tendre mêlé d’un soupçon de malice. J’explique à sa place.
– C’est ça ! C’est sûrement les hormones !
Il évite de me demander, à quoi j’ai rêvé, comme il le fait chaque matin.
– Je vais courir dans la forêt avec la chienne dit-il quelques instants plus tard, mettant un point final aux retrouvailles matinales.
J’en profite pour faire passer et repasser la « vidéo » de mon rêve nocturne, la tête enfouie dans l’oreiller d’Ekseption.

( A suivre…)

En plein ciel…

whaou
Soleil et sommet du Piton des neiges ( 3069 mètres )

Je vous retrouve demain, ou après-demain ! Je suis en plein dans les avions et TGV …
C’est … »dépaysant »; quand je me réveille la nuit, je cherche à comprendre pourquoi je me cogne aux murs, pourquoi la porte n’est plus à sa place ? ! Ni les toilettes d’ailleurs! Quant à la cuisine, pour y trouver un verre d’eau…j’y ai renoncé !
Après un petit flottement désagréable, je trouve enfin où je suis … mais pas toujours, quand j’ai aussi couché à l’hôtel, et bizarrement… je ris dans ma barbe ( oui, elle a poussé; enfin peut-être que je me suis rendormie entre temps…)
A bientôt !

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme…ou du Mâle ?

Pouss et Mamita

Nous vivons dans un monde de peurs; peurs entretenues par des gouvernements comme ceux de Bush et de Sarkozy, entre autres, pour mieux nous « manipuler ».

Les femmes DOIVENT être réalistes, mais refuser toute DEPENDANCE à qui que ce soit. Elles n’ont pas été créées pour… SERVIR un mari  ( où est passée ma chemise bleue ? qu’est-ce qu’on mange ce soir? tu n’en as jamais « envie » ! ) , ou pour se CONSACRER à sa famille parce qu’ elle SUBIT le formatage social . Certaines continuent l’élevage de leurs enfants , pendant toute leur vie, parce qu’elles n’ont AUCUN projet de vie PROPRE à ELLES-MÊMES. Elles vivent « par procuration » !

Elles DOIVENT vivre leur  » vie rêvée », dans le respect de soi et d’autrui, parce qu’ « elles le valent bien » ; il faut juste le VOULOIR, et non pas  seulement , vaguement le désirer: JUST DO IT !

Elles DOIVENT faire confiance à la vie et ne pas craindre, chaque jour,  de « perdre » un mari plus jeune qu’elles de 10 ans et + ; depuis la nuit des temps, ils se « perdent » tous seuls », à n’importe quel âge et avec n’importe qui !
Elles DOIVENT faire confiance à la vie  et faire des petits … même des jumelles à 42 ans !
Elles seront , « naturellement »,  plus jeunes de corps et d’esprit,  et non plus  « obligées » de jouer à la « djeune » !

PS- Je sais, certaines revendiquent  l’asservissement, c’est leur droit. Mais peut-être croient-elles que  vouloir vivre  LIBRES et EGALES, comme le prévoit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme…n’est en fait que des droits  réservés …à l’homme ( au Mâle ) ?

Le Père-Ver ( suite: chapitre IX ) .

CHAPITRE IX

Je grimpe l’escalier étroit qui conduit à la petite salle d’attente. Sans la présence du poster géant, je me sentirais prisonnière de ce lieu presque aveugle.
Visage-Pâle m’ouvre la porte. Poignée de mains. Je prends place devant le bureau où rien n’a bougé.
– Et alors ? laisse-t-il échapper.
-Ces quinze derniers jours, j’ai effectué un effroyable voyage dans mon passé. Comme vous étiez absent, j’ai tout noté sur ce cahier.
– Je vous écoute, dit Visage-Pâle.
Il n’en a rien à faire de mes pattes de mouche, seul le verbe l’intéresse.
– En fait, pendant vos congés, j’ai revécu mon existence merdique avec Brutus, depuis le mariage jusqu’au jour où il disparaît de ma vie. Un monde de souffrances a refait surface. Au fur et à mesure que je revivais cette période abominable de ma vie, un gros malaise et une honte géante m’envahissaient. Comment ai-je pu supporter toute cette violence gratuite pendant tant d’années ? Je ne comprends pas qu’un être humain permette qu’on le traite de la sorte… pendant treize ans.
Je sais, Brutus était ma « punition » et ensuite j’étais prise au piège. Une foule d’obstacles m’ont empêchée de partir plus tôt : les enfants, l’impossibilité de divorcer, l’indifférence des parents, collègues, hommes de loi…
Mais, quand même, Je n’aurai jamais dû accepter d’être traitée de la sorte. Je ne pense pas avoir été une victime. J’étais malade. Je voulais me détruire. Je me haïssais intégralement.
J’aurais pu choisir de me supprimer de façon plus radicale ou de manière plus subtile, en devenant alcoolique ou droguée. À la place j’ai « choisi » Brutus. Pourquoi ? Peut-être pour aller jusqu’au bout du désir de M. Hef. Je suis « morte » pour lui et j’ai « ressuscité » pour moi.
Bien sûr, j’avais rêvé d’une autre vie pour les enfants de Brutus. J’avais pensé à tort, qu’il aurait voulu compenser son enfance, qu’il raconte avoir été malheureuse, par la réalisation d’une vie superbe pour ses petits.
Les hindous affirment qu’une feuille qui tombe quelque part, peut provoquer une catastrophe ailleurs. L’obstination de M. Hef à vouloir me donner a provoqué dans mon psychisme, un séisme, dont l’onde de choc a saccagé plusieurs vies. Ce séisme a été d’autant plus violent, que je n’avais rien à qui ou à quoi me raccrocher. M. Hef avait pris soin, dès ma plus tendre enfance, de brouiller les cartes de mon univers familial, me laissant sans repères affectifs réels et stables.
Il m’arrive encore maintenant de vouloir me « jeter en enfer », n’importe où, n’importe quand, pour n’importe quoi, quand sournoisement et de façon aussi inattendue que fulgurante, la haine de moi, resurgit. Mais par bonheur, jusqu’ici, elle n’a pas trouvé prise et s’est résignée, à chaque fois, à s’en retourner dans ses profondeurs insondables.
Je regarde Visage-Pâle. Il m’écoute, semble-t-il, avec attention.
– Qu’est-ce qui vous a fait croire, que n’ayant pas l’amour de votre père, vous ne pouviez plus être un objet d’amour ? dit-il.
– La première fois qu’il m’a donnée, j’ai réussi à me faire aimer de ma Mère-Tante. J’ai pu me reconstruire une famille où je me sentais en sécurité. Mais son « kidnapping règlement de compte », m’a lézardée. Et quand il a voulu se débarrasser de moi pour la deuxième fois, j’ai volé en éclats. En fait, je n’en veux pas à M. Hef de m’avoir donnée : l’amour obligatoire n’existe pas. Mais par contre, je trouve monstrueux qu’il soit allé m’arracher à ma mère de remplacement à laquelle je m’étais profondément attachée et qui me comblait. En réalité, la petite fille que j’étais, n’existait pas pour lui. À ses yeux, j’étais devenue l’incarnation d’un règlement de comptes. Je lui étais indispensable, pour venger sa blessure d’amour propre.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, j’allais à nouveau encombrer son existence et il allait, une nouvelle fois, me donner. Non seulement, il ne voulait pas de moi dans sa vie, mais il ne supportait pas l’idée que je pusse être heureuse, loin de lui. C’est pour cela qu’il me « donnera » à Brutus.
– Votre mère, dans tout cela ? demande Visage Pâle.
– Ma mère était une victime. Et puis on ne peut courir deux haines à la fois… Peut-être aussi que je me suis raccrochée à M. Hef parce que le tribunal en avait décidé ainsi. S’il avait consenti, au fil des ans, à m’accepter, j’aurais peut-être pu effacer un passé douloureux. J’aurais, en tout cas, porté un autre regard sur mon insignifiante personne. J’aurai appris à m’aimer un peu.
– Et Brutus ? dit Visage-Pâle.
– Je ne vous apprends rien en disant qu’un tyran n’a pas d’autres pouvoirs que celui que lui confèrent ses sujets. Autrement dit, Brutus a profité de ma névrose pour laisser libre cours à ses plus bas instincts. C’est vrai, j’aurais pu l’ébouillanter pendant son sommeil, ou le castrer, après l’avoir assommé, quand enfin, j’ai eu envie de « vivre ». Mais il est difficile, sinon impossible de s’opposer tout à coup, à ce que l’on a toujours accepté, quand on vit encore dans la même sphère coercitive, malsaine, violente et avilissante.
Je regarde Visage-Pâle droit dans les yeux et sans tendresse aucune. Je sais, c’est un euphémisme.
– Vous ne serez pas étonné, si je vous dis que je déteste les Mâles : je suis viscéralement « misophalle ». Vous et vos pareils, faites souvent partie d’une « race », de violeurs, de brutes phallocrates, libidineuses et misogynes. Pour la majorité d’entre vous, une femme se réduit à un sexe dans lequel vous vous  » déchargez ». Tout jugement de valeur porté sur elle est négatif. C’est bien connu, un homme est dynamique, une femme est agressive. Il est exigeant, elle est autoritaire. Il est en colère, elle est hystérique. Il a un certain charme, elle, c’est un boudin. Il est viril, elle est nymphomane…
La « race » mâle a une très haute opinion d’elle-même. Il faut voir ces messieurs parader à la tête de leurs familles, des entreprises, des administrations, des assemblées et du pays. Personne, en France, n’imaginerait qu’une « cheffe » d’état ayant commis les erreurs d’analyse de notre Président, continuerait à donner son avis sur les affaires de la planète. Elle ne serait pas crédible. Notre seule Premier ministre en jupons a été « décapitée » pour bien moins que cela. Sa grossière erreur a été de… naître femme.
La « race » mâle, utilise, partout dans le monde, la violence pour s’imposer en maître. Des études au niveau mondial, estime que 50 % des femmes sont maltraitées à un moment de leur vie par un père, un frère, un mari, un patron… Une étude canadienne de 1993 fait état d’un viol chez 50 % des femmes. Une Américaine subit des violences toutes les huit secondes ou un viol toutes les six minutes. En France deux millions de femmes sont battues, sans compter toutes celles, bâillonnées par l’omertà. J’aimerais qu’il existât des études comparatives montrant comment les animaux mâles traitent leur compagne, occasionnelle ou permanente.
Je crois percevoir, une lueur ironique dans les yeux de Visage-Pâle. Mais c’est sûrement, pure projection de ma part. Je continue.
– Je sais ce que vous pensez : un tyran n’existe que par la grâce de ses sujets. Les femmes, pourtant majoritaires en nombre, sont complices des ignominies de la « race » mâle, parce qu’elles tolèrent qu’on les traite ainsi. On peut parier que les hommes émasculés par leur compagne, qui ont fait la Une des faits divers récents, « respecteront » les femmes dorénavant. C’est quand on a mal dans sa chair, que l’on comprend enfin, et que l’on retient la leçon.
Les femmes sont complices, quand elles élèvent leurs garçons de façon aussi sexiste, façonnant jour après jour, un bâton pour battre leurs épouses, leurs filles et peut-être elles-mêmes, plus tard.
Elles sont complices, quand elles perpétuent les mutilations génitales chez leurs propres petites filles : deux millions de plus, par an !
Elles sont complices quand elles acceptent de perdre leur identité, en s’appelant comme leur mari. Pourquoi pas l’inverse ? Vous avez déjà essayé de retrouver une vieille copine perdue de vue depuis le lycée ? Elle a disparu de la société !
Elle est complice, quand elle ne s’insurge pas contre le fait qu’un enfant sorti de son ventre, ne porte pas son nom à elle…
La liste des injustices est encore longue, mais votre réveil ne va pas tarder à me mettre dehors. En résumé, j’ai la haine, je voudrais que la « race » des hommes disparaisse de la planète.
– Tous les hommes ? demande Visage Pâle
– Je suppose qu’Ekseption doit être un mutant. Il n’a rien à voir, mais rien, avec les travers de la « race » mâle. D’autre part, j’ai élevé mon petit homme de telle sorte que ses « gènes pervers » resteront récessifs.
Mais revenons à la « race » mâle. Elle a profité de sa force physique indéniable, pour s’imposer. Comment peut-on se laisser abuser par Freud ? Qui peut vraiment croire que les femmes ont envie d’un pénis, à la place de leur propre sexe ? Pour quoi faire ? Elles désirent seulement le pouvoir dont il est censé gratifier la race dominatrice.
Je m’étonne qu’aucune psy n’ait relevé le fait que ce sont en réalité les femmes qui détiennent le Pouvoir, pouvoir que nous envie la « race » mâle, celui de donner la vie.
N’importe quelle femme, normalement constituée peut se « faire » un enfant à qui elle transmettra » son héritage ». Aucun homme, évidemment ne peut faire de même. Il faut d’abord qu’il aille à la recherche d’un ventre complaisant. La réalité, c’est qu’ils savent, qu’ils ne peuvent « se survivre » sans avoir recours à notre ventre. Le vrai pouvoir objectif et non purement subjectif n’appartient pas à celui qui dispose d’un phallus, mais d’une matrice. La fécondation « in vitro » peut se contenter d’une pipette à la place d’un pénis, mais n’a pas encore réussi à fabriquer un ventre artificiel, pour dorloter le fœtus. Même les clones se fichent pas mal du spermatozoïde, mais ne peuvent se passer de ce ventre. Mieux, un chercheur américain a réussi en 1985 à féconder un ovule… Avec un autre ovule. Il a pensé à leur ôter leurs membranes et le miracle a eu lieu. Deux femmes pourraient faire des bébés, sans l’intervention d’un spermatozoïde, »seulement » en mélangeant leurs ovules.
C’est la peur de notre pouvoir de vie qui a conduit la « race » mâle à utiliser sa force physique, confortée par des lois iniques inventées par elle, pour maintenir les femmes en état d’infériorité, dans la sphère familiale, mais aussi dans le travail, la politique, la religion.
– Deux hommes ont saccagé votre vie et vous en faites une généralité, intervient Visage-Pâle.
– Vous savez bien que j’ai raison dis-je. Que l’on abolisse toutes les inégalités institutionnelles, culturelles et légales touchant les femmes et que l’on institue la perpétuité pour les individus usant de violences envers les femmes, alors nous verrons bien qui du mâle ou de la femme montre sa  » supériorité ».
Oh, je sais, ce sera long, car dans le premier temps de cette ère nouvelle, les femmes constitueront elles-mêmes, leurs pires ennemis.
– Ce sera tout pour aujourd’hui décrète que Visage-Pâle, mettant ainsi fin à la séance.
– Pour moi, c’est loin d’être fini ! dis-je dans ma tête.

( A suivre …)

" Et tu dis que tu m’ aimes " : après…"trop tard "!

trop tard
Image virtuelle.

 » Et tu dis que tu m’aimes !  » un petit livre, coup de poing, relatant , en…44 pages, une passion d’une sauvagerie à couper le souffle.
Ecrit par Nicole Cage-Florentiny :  » poète, romancière, dramaturge, ses écrits parlent de la difficulté d’être une jeune fille, puis une femme. Elle visite des thèmes parfois tabous : l’inceste, la prostitution, la pédophilie. Professeur de Lettres et d’Espagnol, psychothérapeute, elle participe à de nombreuses manifestations aux quatre coins du globe et récolte de nombreux prix .
Si ce qu’elle écrit est parfois « dur » ses propos ne manquent ni de beauté , ni de poésie. Une belle âme. Un mélange raffiné de poésie et d’espoir, précise son éditeur. »

Extraits:

… « Il était doux il était fou; on ne m’avait jamais fait l’amour avec une telle inventivité, je me découvrais, je me redécouvrais, mon corps recelait des trésors insoupçonnés, je me laissais guider, conduire, je suivais, parfois j’anticipais , je menais la danse à mon tour, nous jouions, nous riions, je pleurais, il chantait en moi et puis je m’endormais, lui encore en moi, j’adorais cela, cet abandon total, et lui, lui, il restait à me regarder, longtemps. Parfois quand j’ouvrais les yeux, je le trouvais encore là au-dessus de moi, à me regarder avec ce regard grave et éperdu d’amour qui me faisait peur; rien qu’un peu. »…

… »C’est après
Quand tous les mots d’amour deviennent rafales qui
blessent
On se dit c’est passé, il recommencera plus
On s’dit encore regarde, il m’aime plus fort qu’avant
C’est après
Quand tous les chants d’amour deviennent
Sanglots
Quand les amis se lassent de vous voir retomber
Et que votre âme, en vous, veut tout laisser tomber…
…Quand il ne reste rien que l’envie d’en finir
C’est avant
Avant la première scène, avant la première gifle
Avant qu’on s’habitue à trouver ça banal
Avant que l’amour s’use et vire à l’amertume
Avant qu’il soit trop tard
Avant qu’il fasse trop nuit
Avant de n’être plus que l’ombre de soi-même
Avant qu’on n’en arrive à d’inacceptable
C’est avant
C’est avant qu’il faut dire:  » NON ! « .

Petites perles d’exam :

Histoire :
Les guerres de religions se terminèrent  grâce à  Lady de Nantes.

Il y a des femmes collectives qui s’appellent des « colle-cause ».

La différence entre un roi et un Président de la République, c’est que  le roi est le fils de son père et que le Président ne l’est pas.

Géographie :
En Hollande sur 4 habitants, il y a une vache.

Les cartes de géographies sont faite par des cartomanciennes.

SC. Nat.
Quand la puce est petite elle s’appelle une pucelle.

Sur les bateaux il y a des rats , il y a des puces et dans les puces des microbes qui tuent. C’est pour cela qu’il faut ratisser les bateaux et dépuceler les rats.

Divers :
Le cri d’agonie  est un cri déchirant poussé par les morts.


Gai, Gai, marions-nous !

Le Respect
San Cristobal de Las Casas : Respect et Tendresse…

Source nouvelobs.com :

[ En forte accélération depuis trois ans, les violences conjugales sur les femmes représentent, selon une étude, 25,6% de l’ensemble des faits de violences volontaires.

Extrait d'un spot télévisé dénonçant les violences conjugales (2005)

Extrait d’un spot télévisé dénonçant les violences conjugales (2005)

Une étude de l’Observatoire national de la délinquance (OND) révèle, dans une étude parue mardi 8 juillet, que les violences conjugales sur les femmes représentent un quart de toutes les violences volontaires en France en 2007.
Ce type de violences est, selon le rapport, en « forte accélération », depuis trois ans. En 2007, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 47.573 « faits de violences volontaires sur des femmes majeures » commis par le conjoint ou ex-conjoint. Soit une augmentation de 31,3% par rapport à 2004, année de référence.
Une méthode de comptage particulière estime qu’en 2007, 18,7 faits de violences conjugales pour 10.000 femmes ont été constatés.
L’OND, en charge de la divulgation des statistiques et études officielles de la délinquance en France, explique que les violences au sein du couple représentent 25,6% de l’ensemble des faits de violences volontaires commises sur des personnes âgées de 15 ans et plus.
Les coups ou voies de fait, dans la rue, qui ont entraîné une incapacité totale de travail (ITT) égale ou supérieure à huit jours, entrent aussi dans cette étude. Mais, constate Christophe Soullez, chef de département à l’OND, « c’est la première fois que l’on arrive à ce constat » concernant la hausse des violences conjugales.

Hausse « continue »

Christophe Soullez observe que, par exemple, dans le département des Bouches-du-Rhône, l’augmentation des violences volontaires entre 2006 et 2007 et due, à 70%, à la hausse des violences conjugales. « Cela va à l’encontre de bien des idées reçues sur les violences en général », souligne Christophe Soullez.
L’OND constate aussi que cette évolution à la hausse des violences dans le couple est « continue » depuis 2004. Une forte accentuation s’est produite en 2006 et 2007, « dans un contexte de hausse » des violences volontaires en général », affirme l’OND. Les violences sur les femmes majeures par leur conjoint contribuent à cette hausse globale « de façon croissante », chiffres de la police et de la gendarmerie département par département à l’appui.
Le taux de violences conjugales varie d’un département à l’autre. Ainsi, il est inférieur à 10 pour 10.000 dans 13 départements, dont la Creuse (6,1). En Seine-Saint-Denis et en Guyane, par exemple, il approche 50 pour 10.000.
La moitié des départements français connait un taux de violences conjugales inférieur à 15 pour 10.000. C’est le cas pour une large zone centrale du pays, reliant la Bretagne à la Franche-Comté en passant par l’Auvergne.

Fort taux en Seine-Saint-Denis

Au-dessus de Paris, ce taux grimpe à 20 cas pour 10.000. Le reste des départements connaît un taux « variable ».
Le fort taux relevé en Seine-Saint-Denis (50,1), s’explique vraisemblablement, selon l’OND, par une « politique active de lutte contre les violences conjugales » avec « incitation à déposer plainte ».
La hausse des violences au sein du couple se distingue de l’augmentation des autres faits de violences « moins par son ampleur que par son accélération », explique l’OND.
Une hausse qui pourrait être liée à la « sensibilisation » des services de police et gendarmerie à ces questions ou encore à « l’évolution de la législation » en la matière.

« Enquêtes de victimation »

Pour l’OND, cela n’est pas assez. L’organisme plaide pour des enquêtes de victimation poussées, auprès des victimes elles-mêmes, comme cela est fait désormais tous les ans avec l’INSEE. Ce type d’enquêtes a pour but de recenser le nombre de personnes victimes de violence matérielle, corporelle ou même psychique.
En 2007, la dernière enquête de victimation observait que 10% des femmes violentées par leur conjoint portaient plainte. Un constat qui pousse Christophe Sollez à affirmer que l’OND dispose de « sources différentes que nous pouvons croiser ».  ]

MAIS, N’ OUBLIONS JAMAIS QUE NOUS NE SOMMES PAS QUE …DES VICTIMES !  ( JE SAIS de quoi je parle ! )

Et si nous commencions,  par exemple,  par ne plus « collaborer » à des « plaisanteries », misogynes, sexistes ou machistes ? ! Protester auprès de notre magazine préféré, quand il nous propose un « test » ( ! )  intitulé :  » Êtes vous une salope » ? Élever notre petit homme, exactement comme  on le ferait avec notre  petite fille ? Obtenir le partage de TOUTES les tâches ?…etc…
Et  » finir » … par   exiger le respect de soi et des autres…ou à changer de vie ?