Après un viol collectif: "Je porte toujours des jupes courtes et le plus vif des rouges sur mes lèvres."

Humans of Bombay with Sapna Moti Bhavna

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… » Sapna Bhavnani a partagé un glaçant témoignage. Dans le post, elle explique que cela fait 20 ans qu’elle garde le silence sur le viol qu’elle a subi un soir en sortant d’un bar, pistolet sur la tempe.

« Quand j’avais 14 ans, je parlais aux garçons, faisais de la moto, fumais des cigarettes et les habitants de Bandra me traitaient régulièrement de pute à cause de ça. Je ne comprenais pas ce que cela signifiait à ce moment-là, mais si c’était la conséquence de ce que je faisais, je le prenais comme un compliment. Après la mort de mon père, j’ai déménagé à Chicago où il y avait plein de gens comme moi, je me suis sentie libre de me faire tatouer, de m’amuser avec mes cheveux et simplement d’être moi-même. Un soir de Noël à Chicago, je sortais d’un bar et marchais tard dans la nuit, portant une jupe courte et du rouge à lèvres. J’avais 24 ans, j’avais bu. Un groupe de mecs est apparu d’un conteneur poubelle, s’est mis à marcher vers moi, et a pointé un pistolet sur ma tête en me demandant de leur faire des fellations, ce qui a finalement débouché sur un viol collectif. Je me souviens d’être rentrée chez moi, d’avoir pris une douche et d’avoir mis cet incident dans un coin de ma tête pendant des années sans jamais le laisser me démoraliser – je porte toujours des jupes courtes et le plus vif des rouges sur mes lèvres.

Au-delà de cet événement tragique, Sapna Bhavnani s’interroge. Comment a-t-elle pu garder le silence aussi longtemps, elle qui se revendique féministe? Pourquoi n’a-t-elle pas parlé plus tôt? Elle tient à soutenir que le silence n’est pas un signe de faiblesse.

Les années suivantes, je me suis mariée à mon amour de lycée, affronté des violences domestiques et ai divorcé en me demandant comment tout ceci a pu m’arriver à MOI, une féministe? C’est parce que, parfois, certaines choses sont hors de contrôle. Nous vivons dans un monde où tout le monde met l’accent sur l’importance de s’exprimer et de se sortir de situations difficiles, mais voici ce que je veux simplement dire – personne ne veut être battu, violé ni vendu pour son corps. J’ai mis 20 ans avant de m’exprimer sur cet incident mais pour moi, une femme qui garde tout en elle parce qu’elle n’a pas d’autre choix n’est pas un signe de faiblesse – c’est une preuve de force et quelque chose qu’on doit commencer à respecter. »

En France, une femme sur dix de moins de 20 déclare avoir été agressée sexuellement au cours de sa vie. 75.000 femmes seraient violées dans le pays chaque année. Pourtant, comme le rappelait en 2012 cet article, seuls 2% de ces crimes sont condamnés aux assises. Proximité avec l’agresseur, traumatisme, déni, les raisons de ne pas parler sont nombreuses.

Certains auraient préféré qu’en plus d’inciter les gens à respecter le silence des victimes, Sapna Bhavnani encourage les victimes à le briser. Mais alors que le nombre de viols est en recrudescence en Inde, son message semble être extrêmement apprécié – il a été « liké » plus de 65.000 fois et continue à recevoir de nombreux commentaires de respect et de soutien. »…(Extrait)

http://www.huffingtonpost.fr/2015/07/09/comment-parler-viol-sapna-bhavnani-facebook_n_7760188.html

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Après un viol collectif: « Les années suivantes, je me suis mariée à mon amour de lycée, affronté des violences domestiques et ai divorcé en me demandant comment tout ceci a pu m’arriver à MOI, une féministe? »

Où? QUOI? COMMENT? Quand? QUI, arrêtera ce terrible engrenage…
« ordinaire »(!), présent dans la vie de millions de femmes dans le monde? (Le mariage forcé, le sexe marital obligé, le sexe sans consentement explicite, etc… sont bien sûr des viols)

Après un viol collectif: « Je porte toujours des jupes courtes et le plus vif des rouges sur mes lèvres. »

Et j’ai le droit de parler de mon viol… ou pas !

« Son message semble être extrêmement apprécié – il a été « liké » plus de 65.000 fois et continue à recevoir de nombreux commentaires de respect* et de soutien. »

La HONTE* a changé de camp: le violeur est bien l’ordure immonde et criminelle, et non plus l’inverse !

La VIOLEE est bien la VICTIME(!!!), et a toujours DROIT à notre total RESPECT !

Big bisou à Sapna, au look super canon en plus ! 😉

Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

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