« Sept vies » et le pardon ?

« Mais, j’y pense, toi qui n’es pas croyante, tu peux faire tout ce que tu veux sans jamais commettre de péché dit-il sans transition, un peu envieux.
Je n’en croyais pas mes oreilles, il confondait morale et religion.
– Tu te trompes répliquais-je, c’est toi qui peux commettre les pires forfaits. Il te suffit ensuite d’aller te confesser, pour te sentir blanc comme neige. Quand j’ai fait une nuisance à autrui, je dois en supporter les conséquences toute ma vie, car j’ai des comptes à me rendre. Je n’attends de pardon de personne, même pas de moi. C’est pour cela que j’essaie, j’ai bien dit j’essaie, de nuire le moins possible. Je trouve que le pardon n’est ni rédempteur, ni moral, mais profondément injuste. Pour moi ce qui est fait est fait, de façon indélébile. Tout ce qui reste à faire c’est de ne pas recommencer. Jamais rien, ni personne, ne peut effacer les préjudices que l’on cause à autrui ou à soi-même d’ailleurs, par nos mauvaises actions. Les lois peuvent proposer une compensation financière ou carcérale. Cela n’efface pas « l’ardoise » bien sûr. J’ai toujours trouvé insupportable qu’un assassin demande à sa victime de lui pardonner. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Il faudrait qu’en plus de l’horreur subie, la société, la victime et les survivants, soulagent la conscience du criminel ?
On peut regretter ses actes et décider de ne plus les commettre, mais c’est une affaire entre soi et soi ! On n’a pas à demander pardon, on ferme sa gueule et on crève si on peut. Je sais, « on » ne peut plus, car la peine de mort a été abolie. Tant mieux pour “on” et tant pis pour nous. Je trouve aussi que les circonstances atténuantes constituent l’injustice totale, car la victime, elle, n’en a bénéficié d’aucune, de la part du coupable.
Dans la vie de tous les jours le pardon est négatif car il partage la société en deux clans : les profiteurs et les baisés.
Pourquoi les « méchants » changeraient –ils, puisqu’en face ils trouvent les « bons » qui leur pardonnent tout. Ils seraient bien bêtes de ne pas en profiter ! En fait, je ne pense pas que la victime pardonne par grandeur d’âme mais plutôt par lâcheté.
Je n’ai jamais pensé non plus, qu’il fallait nourrir et entretenir sa vengeance. Chacun sait que cela requiert une énergie dingue. C’est vrai, on a mieux à faire. Il est préférable de garder cette énergie pour soi, pour se faire une vie plus belle.
Je pense qu’il faut « ranger » soigneusement le mal reçu « au grenier », mais surtout ne pas essayer en vain de « l’effacer », afin de ne pas recommencer les mêmes expériences désastreuses par la suite »..
(Extrait du « Père Ver).

Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

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