La fable du "Maître Singe"…

« De la dictature à la démocratie » :Gene Sharp –
Extrait-
[ La fable du « Maître singe »
Une parabole chinoise de Liu-Ji, datant du XIVe siècle, illustre bien cette lecture négligée du pouvoir politique :
Dans l’État féodal de Chu, un vieillard survivait en gardant des singes à son service. Les gens l’appelaient « Ju gong » (Maître singe). Chaque matin, le vieil homme rassemblait les singes dans sa cour et donnait l’ordre à l’aîné d’emmener les autres dans la montagne ramasser des fruits sur les arbres et dans les buissons. La règle exigeait que chaque singe donne le dixième de sa récolte au vieillard, et ceux qui ne le faisaient pas étaient violemment fouettés. Tous les singes en souffraient mais n’osaient s’en plaindre.
Un jour, un jeune singe s’adressa aux autres : « Le vieil homme a-t-il planté tous les fruitiers et buissons ? » Les autres répondirent : « Non, ils ont poussé naturellement.»
Le jeune singe insista :
« Ne pouvons-nous pas prendre les fruits sans la permission du vieil homme ? » Les autres répondirent : « Si, nous pouvons tous le faire. » Le jeune
singe continua : « Alors pourquoi devons-nous dépendre du vieil homme ; pourquoi devons-nous tous le servir ? »
Avant que le petit singe ne finisse sa phrase, tous les autres avaient compris et s’éveillaient. La nuit même, s’assurant que le vieil homme était endormi, les singes détruisirent l’enclos dans lequel ils étaient confinés. Ils prirent les fruits que le vieil homme avait emmagasinés et les emportèrent dans la forêt pour ne jamais en revenir. Le vieil homme finit par mourir de faim.
Yu-zu-li conclut : « Certains hommes, dans le monde, dominent leur peuple par l’imposture et non pas par la justice. Ne sont-ils pas comme le Maître singe ?
Ils ne se rendent pas compte de leur confusion d’esprit. Dès que leur peuple
comprend la chose, leurs ruses ne fonctionnent plus. »]

COMMENT RENVERSER UNE DICTATURE ?

 » C’est à travers un article du journal New York Times d’aujourd’hui que j’ai découvert l’existence de ce livre qui montre comment les populations peuvent renverser les régimes dictatoriaux par « la défiance politique », c’est-à-dire par le « combat nonviolent » se traduisant par la protestation, la non-coopération, et diverses formes de défis politiques. L’ouvrage aurait inspiré les mouvements qui ont balayé les régimes tunisiens et surtout égyptiens. Il propose et analyse différentes stratégies de lutte contre les dictatures. Il a été financé par l’Institution Albert Einstein, qui organise des séminaires et ateliers sur les stratégies de « défiance politique ». Le livre est gratuitement téléchargeable en PDF en plusieurs langues. Voici le lien :

http://www.aeinstein.org/organizations/org/FDTD_French.pdf.

Je vous propose un extrait de ce que vous pouvez lire dans ce livre.

Pour renverser une dictature efficacement et au moindre coût, il est impératif de

travailler à quatre tâches :

• Renforcer la détermination de la population opprimée et sa confiance en elle-même, et améliorer ses compétences pour résister ;

• Fortifier les groupes sociaux indépendants et les institutions qui structurent la population opprimée ;

• Créer une puissante force de résistance interne ;

• Développer un plan stratégique global de libération judicieux et le mettre en oeuvre avec compétence.

Une lutte de libération est un temps d’affermissement de la confiance en soi et de renforcement de la cohérence interne des groupes combattants. En 1879 et 1880, lors

de la campagne irlandaise de grève des loyers, Charles Stewart Parnell professait :

« Il est inutile de compter sur le gouvernement…vous ne devez compter que sur votre propre détermination… Aidez vous en vous soutenant les uns les autres… fortifiez ceux qui, parmi vous, sont faibles… unissez vous, organisez vous… et vous gagnerez…

Une fois que vous aurez pris cette question en main, c’est à ce moment-là, et pas avant, qu’elle sera résolue.

Quand la dictature doit faire face à une force solide, sûre d’elle-même, dotée d’une stratégie intelligente, avec des actions disciplinées, courageuses et vraiment puissantes, elle finira par s’écrouler. Mais, au minimum, les quatre conditions énumérées ci-dessus devront être remplies.

Comme nous venons de le montrer, la libération des dictatures dépend finalement de la capacité des peuples à se libérer eux-mêmes. Les expériences réussies de défiance politique – ou de lutte nonviolente à buts politiques – cités précédemment prouvent qu’il est bel et bien possible pour les populations de se libérer par ellesmêmes.

Mais cette option est restée peu développée. Nous l’examinerons en détail dans les chapitres suivants. Néanmoins, il nous faut d’abord étudier la question des négociations comme moyen de démanteler les dictatures. »…

Patrick Sarsfield O’Hegarty, A History of Ireland Under the Union, 1880-1922 (London: Methuen, 1952), pp. 490-491.
Source Le Post – Institution Albert Einstein.

***************************************************************************************

Et…On fait COMMENT pour la dictature…Dans le couple ?

Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s