"Le porno lesbien, en tête des vidéos les plus visionnées par les femmes".

Article co­écrit par Aline Cantos et Anaïs Chatellier.

« Le porno lesbien, en tête des vidéos les plus visionnées par les femmes

La demande féminine existe, mais à y regarder de plus près, elle apparaît surprenante. Les pratiques lesbiennes arrivent en haut du classement des termes les plus recherchés par les femmes, avec des requêtes comme « tribbing », « lesbian scisoring » ou encore « ebony lesbian ». Ces mots clefs sont très recherchés par le public féminin alors qu’ils sont relativement secondaires dans les requêtes masculines. Pour les hommes, la recherche “lesbienne” n’arrive qu’en 6ème position bien après les « teen » ou encore « MILF ».

Si les demandes des femmes sont variées, la prédominance du sexe lesbien semble cependant s’expliquer de manière logique selon nos interrogées. Pour Lucie Blush, réalisatrice et actrice, “la plupart des vidéos ‘hétéros’ montrent plus souvent la femme comme un objet qui, pardonnez moi l’expression, ‘se fait baiser’ alors qu’il n’y a pas ce rapport de pouvoir et d’humiliation dans les scènes lesbiennes“. Ceci est confirmé par Kenza, qui constate que “les vidéos lesbiennes mettent davantage l’accent sur le plaisir féminin“.

Ce constat s’accentue encore plus quand on sait que les hommes recherchent beaucoup moins de porno gay. Les vidéos hétéro satisfont déjà leurs désirs masculins puisque ce dernier est bien souvent l’aboutissement des vidéos. “On nous enseigne que nous avons des attributs sexuels mais que ce sont les jouets des hommes” affirme Lucie Blush. Le plaisir masculin passerait par le corps de la femme, qui elle n’estqu’un moyen d’arriver à cette finalité.

“C’est encore tabou de parler de sexualité quand on est une femme”

Par-delà ces constatations, il semblerait que la différence de consommation soit aussi culturelle. “Il semble logique que les Américaines consomment plus de porno que les Afghanes, qui n’ont même pas le droit de conduire” ironise Eloïse. En 2014, c’est en tout cas au Brésil que les femmes ont été les plus nombreuses à consommer le porno en comparaison avec les hommes. En représentant 29% du public, les Brésiliennes se placent devant les Françaises ou encore les Américaines dont le pourcentage est égal aux Égyptiennes.

En plus des différences conjoncturelles évidentes, le statut de la femme et son éducation imprégnée de sexisme sont des critères déterminants dans sa faible représentation au sein du public étudié. “C’est encore tabou de parler sexualité quand on est une femme. J’en fais les frais parfois. Ce n’est pas évident de trouver des femmes qui assument se masturber, donc mater du porno…” confie Kenza. “Les femmes sont censées être les objets du désir, et non des caractères actifs, libres d’explorer leur sexualité pour elles-mêmes” constate Lucie Blush.

La sexualité active apparaît alors comme l’apanage des hommes, ce qui ne fait que se renforcer avec la stigmatisation des femmes qui regardent des vidéos pornographiques. Pour Ortie, ce sont vraiment les stéréotypes sur les différences de sexualité des hommes et des femmes qui est à l’origine du “malaise” que peuvent éprouver les femmes en évoquant leur consommation de porno. “Nous sommes tous porteurs de clichés plus ou moins conscients sur le désir féminin et masculin”, nous explique-t-elle en rappelant que bien souvent la société “condamne les femmes qui ont une forte libido tout comme celles qui n’en ont pas“. Les premières étant régulièrement qualifiées de “salopes” et les secondes de “frigides”.

En ce qui concerne les hommes, se vanter d’avoir une sexualité frénétique, symbole de la virilité, quitte à mentir d’ailleurs, semble être un autre travers. “Dans les deux cas, il y a une peur du jugement sous jacente de ne pas se conformer dans son genre”, conclut-elle. Alors quand leur sexualité n’est pas totalement réfutée, les femmes sont d’ailleurs souvent cantonnées au côté soft de la pornographie.

Porno pour femmes ou porno féministe, quelles sont leurs attentes ?

L’émergence des catégories “Pour femmes” des tubes gratuits montre la volonté des acteurs du porno de répondre aux attentes des femmes. Reste à savoir ce que les femmes préfèrent. En tout cas, pour Eloïse, “Le vrai porno ‘pour femmes’ place le désir féminin au centre des images qu’il produit. Le reste n’est que teasing marketing pour appâter les filles”. De la même manière qu’un homme achètera un rasoir de couleur noire ou bleue et une femme de couleur rose, cette consommation n’est que le fruit d’un marketing genré efficace, complète Ortie. Selon nos interviewées la recette pour une vidéo porno réussie semble pourtant simple.

“Le plus important est de sentir une connexion entre les personnages, qu’il y ait de la passion et du plaisir” confie la réalisatrice Lucie Blush. “Je ne cherche ni la perfection ni des histoires compliquées ou des décors magnifiques” continue-t-elle. Ce point de vue semble partagé par Kenza qui affirme “il faut que le plaisir de la fille soit crédible pour être communicatif. Il n’y a rien de pire qu’un acte simulé, une fille qui a l’air de s’emmerder ou de souffrir“. Pour Ortie, une vidéo doit avant tout être un “support masturbatoire” mais pour elle “un porno avec de vrais scénarios stimulants”, est indispensable. D’ailleurs, les vidéos où se succèdent les positions du Kamasutra ne l’excitent plus, “j’envie à la littérature érotique la machine à fantasmes qu’elle enclenche”, avoue-t-elle.

Pour autant, “tout comme les hommes, certaines aiment le ‘vanilla’, d’autres le hardcore” affirme Lucie Blush. Les catégories soft dédiées aux femmes ne seraient donc, encore une fois, que le reflet de la vision masculine, selon Ortie. « Dans les catégories Women Porn, on retrouve toujours le même cliché comme quoi les femmes seraient plus cérébrales et auraient besoin de douceur et de sentiments pour êtres stimulées ». Selon Vex ,”ils pensent peut-être avoir de bonnes intentions, mais dire ‘toutes les femmes veulent ça’ c’est rabaissant”.

Depuis plusieurs années, la pornographie féministe semble alors vouloir prendre le contre-pied des vidéos mainstream, même si l’association des deux termes peut paraître de prime abord contradictoire. Nécessitant souvent beaucoup de moyens, elle n’est disponible que très rarement sur les tubes gratuits. Pourtant, l’initiative constitue un moyen de réappropriation de l’industrie par des femmes trop longtemps exploitées. Ce dernier “apporte une nouvelle réflexion sur la pornographie en proposant des images dont le but est d’exciter les femmes et montrer un univers réaliste quoique fantasmé” selon Eloïse.

Lucie parle de “représenter la femme comme un personnage actif avec des désirs propres et un rapport sain avec son corps“. C’est tout l’objet de sa démarche en tant que réalisatrice. “Quand j’ai commencé à explorer ma sexualité, mes fantasmes se sont intensifiés et j’essaie de les calquer devant la caméra” confie-t-elle.

Pour Vex, le porno ne peut cependant avoir une démarche purement politique et se décline de deux manières, entre simple plaisir visuel et engagement politique.

C’est juste un moyen d’exprimer des idées. Parfois ces idées peuvent être “ces personnes canons ont une relation sexuelle pour ton plaisir visuel” d’autres fois, c’est pour représenter une sexualité en s’opposant au système patriarcal de pouvoir de nos sociétés. Ces deux idées sont valables et méritent d’exister.

Car c’est bien là que se situe tout le dilemme de le consommation des femmes par rapport au porno. La palette d’attentes et d’envies étant tellement large, les productions se doivent de redoubler d’efforts pour proposer des formats variés.

*Le nom a été changé. »…(Extrait).

http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/topic_cinema/pornographie/porno-femmes-consommation-pornhub/

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« Pour Lucie Blush, réalisatrice et actrice, “la plupart des vidéos ‘hétéros’ montrent plus souvent la femme comme un objet qui, pardonnez moi l’expression, ‘se fait baiser’ alors qu’il n’y a pas ce rapport de pouvoir et d’humiliation dans les scènes lesbiennes“. Ceci est confirmé par Kenza, qui constate que “les vidéos lesbiennes mettent davantage l’accent sur le plaisir féminin“.

Voilà qui est clair !

Moi ? J’aime pas ce truc, sous toutes ses formes 😉

Kom TU ve, TU choize ?

Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

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