La "mère"(!) : "Ça n’a pas duré longtemps. Elles ont crié dix minutes et puis c’était fini". ..

Par Louis Hamet:

… »Ça n’a pas duré longtemps. Elles ont crié dix minutes et puis c’était fini ». La mère infanticide aurait prononcé ces paroles glaçantes juste après le drame. Elle est soupçonnée d’avoir tué ses trois fillettes en mettant le feu mercredi matin à une annexe de leur maison de Lennik, en région flamande, où elle les avait enfermées. Oumy, Abbygail et Madisson, âgées de 2, 4 et 6 ans, seraient mortes asphyxiées.

Un huissier venu au domicile dans la matinée

Selon la presse belge, la maman de 35 ans n’aurait pas supporté que son compagnon réclame la garde des enfants et veuille la mettre à la porte du domicile familial. Un huissier était venu le lui signifier le matin même du drame »…(Extrait).

http://www.metronews.fr/info/le-fait-divers-du-jour-elle-tue-ses-trois-fillettes-en-les-brulant-vives-pour-se-venger-de-leur-pere/mobl!RSykF8v38NTz/

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Parfois les mots me manquent !

Je sais, Peter ne m’approuverait pas, mais je rêve qu’une justice légale, appliquerait la loi du Talion dans certains cas !

Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

Une réflexion sur « La "mère"(!) : "Ça n’a pas duré longtemps. Elles ont crié dix minutes et puis c’était fini". .. »

  1. Tingy, compte-tenu de votre « amour » pour les religions, n’est-il pas paradoxal d’appeler au secours la Bible? « La loi du Talion »…

    En vous moquant gentiment de moi vous m’avez amené à réfléchir sur cette  » loi » et ce « fait divers » tragique.

    Je peux comprendre votre réaction. Si, en découvrant le crime horrible de sa femme, le père de ces enfants l’avait mise dans une voiture, bouclé les portes, allumé le feu et lui montrait qu’elle n’avait pas à crier longtemps, juste 10, 9, 8, 7 … 3, 2 minutes, puis lui aurait jeté à la figure « maintenant, tu peux crever! », si dans cette situation il avait fait cela, on devinerait qu’il agissait dans une incontrôlable explosion de désespoir.

    Tout psychologue et tout tribunal admettent qu’il y a des situations où aucun humain ne peut rester maître de lui. Cela n’excuse rien, mais cela sort le problème du domaine de la morale et le déplace dans ceux de la santé et de la justice.

    Face à une telle tragédie, on n’est pas très tenté de réfléchir mais ont le devrait, surtout si l’information provient des publications « à sensation ». Ce n’est pas trop difficile – surtout si on ne fait pas partie des victimes.

    Il y a dans cette histoire plusieurs choses qui « ne collent pas ».

    En principe, les huissiers n’apportent pas de lettres d’intention mais les décisions des tribunaux. La femme ne pouvait donc pas être désespérée au-delà de ce que nous pouvons imaginer simplement parce que son compagnon « réclamait », c’est à dire exprimait l’intention d’obtenir la garde de leurs enfants et de mettre leur mère à la porte du domicile familial. En principe, elle n’avait pas trop à s’inquiéter car il est rare que lors des divorces les juges confient les enfants au père. Mais peut-être savait-elle, et son mari avait des bonnes raisons de le croire, lui aussi, que leur divorce aboutira à une telle décision. Peut-être aussi que l’article de Metronews est mal formulé, le divorce a déjà été prononcé et la mère effectivement privée de ses enfants.

    Connaissez-vous beaucoup de pères qui souhaiteraient se retrouver seuls avec quatre fillettes? S’il menaçait sa femme de lui faire retirer leurs enfants, était-ce à son profit, ou bien pour les protéger en les confiant à une institution? Dans ce cas se pose la question de savoir si cette femme a juste été une « très mauvaise mère »? Le geste, tel que Metronews le décrit, relève de la folie.

    Si elle est folle, dans le sens clinique du terme, elle pouvait, et peut-être devait être éloignée de ses enfants.

    Si c’est le cas et elle est réellement coupable de la mort de ses filles, voudriez-vous toujours appliquer « la Loi du Talion »? Je ne le crois pas car nous vivons dans une société qui n’admet pas la peine de mort pour les malades mentaux (ni d’autres personnes, et il y a de bonnes raisons à cela, ne serait-ce que les nombreuses erreurs judiciaires, mais c’est un autre débat).

    Je ne sais évidemment pas si cette femme est coupable ou pas. La police l’a mise en prison mais était-ce à titre d’accusée ou de témoin? Le site de la RTL précisant que « lors de son audition, elle n’a pas souhaité faire de déclarations concernant les faits », je me demande où donc http://www.metronews.fr auquel vous vous référez a pris la terrible phrase qui vous a fait sortir de vos gonds? Elle provient de http://www.dhnet.be qui l’aurait entendue de la soeur du mari ou, peut-être, de quelqu’un qui l’aurait entendue de cette soeur… Ce n’est pas très crédible.

    Pourquoi la mère aurait-elle dit à sa belle-soeur, « arrivée trop tard sur le lieu » de l’incendie, que les enfants n’ont pas souffert longtemps? Voulait-elle la consoler ou se consoler elle-même? Après avoir voulu commettre un tel crime…?!

    Ce ne sont pas les seules choses qui ne collent pas.

    Il est curieux que cette femme exaspérée n’ait pas brûlé la maison, mais seulement le bureau, séparé de l’habitation, de son mari. Détruire ce bureau aurait-il été pour ce dernier une vengeance plus terrible que la destruction de leur maison? A voir sa photo, reproduite sur un autre site, cet homme ne semble pas faire partie de ceux qui travaillent dans des bureaux, en tout cas pas en professionnel indépendant. Ils habitaient dans un quartier aux limites des champs, pas très approprié aux activités de bureau. St Google ne connaissant par cette maison à l’adresse indiquée par un des journaux, elle n’abrite aucune entreprise… Comment la perte d’un bureau au domicile du père pouvait-elle alors le toucher plus que celle de la maison entière?

    Un autre point: Comment la mère aurait-elle persuadé ses fillettes de 2, 4 et 6 ans de se rendre dans ce bureau et d’y rester sans elle? N’aurait-il pas été plus simple de les enfermer dans leur chambre, avec leurs jouets? Comment pendant l’incendie une fille de 6 ans n’aurait-elle pas essayée de sauter par la fenêtre? Le bureau n’en avait-il pas? Y enfermer des petits enfants tous seuls aurait été encore plus difficile…

    L’accusation de l’homicide ne vient pas de la police. Qui, au juste, l’a formulée? Si la mère n’est pas coupable d’autre chose que d’un ressentiment vis à vis de son mari (dont elle a sans doute parlé à beaucoup de monde), savait-elle que ses enfants se trouvaient dans le bureau de son mari qu’elle aurait décidé de brûler? Que ses enfants y faisaient-elles? Certes, on nous dit que la mère les y a poussées pour les détruire mais qu’est-ce que les journalistes de http://www.dhnet.be peuvent en savoir? Si elle a refusé de parler aux policiers, aurait-elle leur parlé à eux? Quand? Pendant que la police l’escortait?

    Un autre article, publié par RTL belge, indique que « la mère des trois victimes avait alerté son époux, qui avait appelé les pompiers ». RTL ne l’accuse pas d’être tueuse. Théoriquement elle aurait pu faire ce que décrit l’article cité par vous puis vouloir sauver les enfants, mais aurait-elle appelé son mari pour qu’il téléphone aux pompiers? Elle les aurait avertis elle-même ou demandé à quelqu’un de le faire mais elle ne se serait pas adressée à son mari tout en ne supportant pas qu’il « réclame la garde des enfants et veuille la mettre à la porte du domicile familial ».

    La mort atroce de ces trois petites filles demeure. Ses circonstances seront sans doute clarifiées par la justice. Elle prendra son temps. Parfois, la lenteur de la justice est exaspérante (et elle peut être révoltante quand, manipulée par des puissants, elle s’applique à les protéger) mais elle est nécessaire. Des « médias à scandale » et autres publications extrémistes peuvent susciter la soif de vengeance de la foule et devenir, sans nécessairement le vouloir, des pousse-au-crime. Un jugement équitable ne peut pas être prononcé dans l’urgence.

    Quant à « la loi du Talion », ce n’est pas une loi, mais un principe. De prime abord il est tentant d’y adhérer: « Tu me crèves un oeil, je te crève un oeil, tu me casses une dent, je te casse une dent »… Ce n’est pas la Loi mais un moyen d’avertir ses ennemis qu’on ne se laissera pas faire.

    La justice, elle, ne peut pas être automatique, elle doit poser des questions et peser les circonstances: l’oeil a-t-il été crevé volontairement? pour quelle raison? dans quel contexte? n’était-ce pas un accident?

    L’application de la « Loi du Talion » dans sa simplicité biblique n’est presque jamais proportionnelle au crime. C’est une punition et inévitablement le début d’un engrenage qui ne pourra jamais finir.

    « La loi du Talion » est donc rarement juste. Par contre les abus en son nom sont fréquents. « Tu m’a crevé un oeil, mais pour que tu ne recommence pas, ou parce que je crois valoir plus que toute ta famille réunie, je crève les yeux de tous les tiens. »

    Tingy, vous avez raison de ne pas prendre les religions au pied de la lettre. « La loi du Talion » est une image, un symbole, un espoir, parfois une consolation, mais n’a rien à voir avec la justice. Il faut se méfier des idéologies…! Et des médias à scandales.

    P.S.: Une dizaine de journaux et de sites web belges, français (dont Paris Match et Le Parisien) et anglais ont reproduit la même information que vous, telle quelle, avec à peu près les mêmes mots. Depuis, plus de nouvelles sur cette tragédie. Pourtant deux jours se sont écoulés, les journalistes auraient pu essayer de faire une enquête, questionner le père, sa soeur, des voisins, les ami(e)s des petites victimes. La police a fini d’interroger leur mère mais apparemment l’avancement de ses investigations n’intéresse pas la presse. Un autre « fait divers » a chassé le précédent, les « boutiques » tournent, les clients affluent, les publicitaires ont donc raison de continuer à payer des publicités qui apparaissent à côté des articles… Quel monde!

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