" Elle a dû…coucher " !

Par Léa LEJEUNE:

… «Elle n’est pas à la hauteur» ; «elle est hystérique» ; «elle n’aura pas d’augmentation, elle a un conjoint» ; «je me demande comment elle est arrivée à ce niveau de poste, elle a dû coucher». D’après une étude LH2 pour le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP) présentée ce mardi, les réflexions sexistes n’ont pas encore quitté l’open space. Elle note que 81% des femmes interrogées se disent confrontées au sexisme, soit à «une idéologie qui érige la différence sexuelle en différence fondamentale entraînant un jugement sur l’intelligence, les comportements et les aptitudes». Questionnés eux-aussi en tant que témoins ou cibles potentielles, 59% des hommes admettent avoir déjà entendu des remarques de ce type dans leurs sociétés.

Pire, pour les salariées, le sexisme ambiant a un «impact négatif sur leur rapport au travail». Ces manifestations «peuvent modifier le comportement des salariés» (93%), «ont un impact sur la confiance en soi» (92%) et «déstabilisent le travail de ceux qui les subissent» (92%). Concrètement, ce jugement sexiste prend la forme d’un plafond de verre ou de l’attribution de tâches dévalorisantes.

Cette étude porte sur un sondage réalisé en ligne, en septembre dernier, sur plus de 14 000 cadres de neuf grosses entreprises françaises aussi variées que Radio France, la RATP, la SNCF, France Télévisions, Orange, GDF Suez, Le groupe La Poste, Air France et LVMH. Plusieurs d’entre elles sont pourtant engagées dans une démarche volontariste de lutte contre les inégalités, suite à la signature de conventions avec le ministère des Droits des femmes. L’étude comprend un deuxième sondage effectué sur un échantillon représentatif de 1 000 cadres d’entreprises de plus de 250 salariés.

Pour le ministère des Droits des femmes, ces chiffres démontrent l’importance des expérimentations comme les modules «ABCD de l’égalité» à l’école primaire pour lutter contre les idées reçues dès le plus jeune âge. Lors d’une conférence de presse ce mardi, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a rappelé qu’elle avait contribué au vote de la loi contre le harcèlement sexuel, ainsi qu’à l’application de sanctions contre les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale. Dans la foulée, elle a promis qu’elle serait attentive aux recommandations du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle sur la nécessité pour les employeurs de mieux informer pour mieux prévenir ces comportements sexistes en entreprise.

Huit femmes sur dix font régulièrement les frais d’attitudes ou de décisions sexistes au sein de leurs entreprises, d’après une étude LH2 dévoilée ce mardi

http://www.liberation.fr/economie/2013/12/17/le-sexisme-au-travail-toujours-en-vogue_967156

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Un com :

c…… 9.
17 Décembre 2013 à 21:22

J’ai travaillé dans une compagnie multinationale et mon boss m’a chargé de recruter pour le compte de la société, par voie de bouche à oreille, afin d’éviter des frais d’agence de chasseurs de tête. J’ai été aux USA, au Luxembourg, en Suisse, en Allemagne. Tout se passe sans problèmes, j’ai pu trouver des hommes et des femmes extrêmement compétents.

Je débarque en France. Meeting en petit comité avec le Vice-Président de la succursale française: « N’ engagez pas des nanas. Si elles sont jolies, elles vont se faire engrosser par nos vendeurs, et on va se taper des congés maternité à n’en plus finir ! ».

Quel cynisme !  »

C’est le moins que l’on puisse dire…

« des décisions sexistes * au sein de leurs entreprises »

Mais aussi au sein des…familles, approuvées et relayées * souvent par des…mères!

« des décisions sexistes » sont présentes partout au cœur de la vie sociétale

Le sexisme/misogynie ambiant, en France, est un fléau social dont la réalité et les conséquences désastreuses pour la vie des femmes, ne sont plus à être… confirmées !

Saloperie de société sexiste/machiste/misogyne

Il n’y aura JAMAIS de…PAIX entre les femmes et les hommes, tout le temps que ce fléau perdurera

Ni de Mme Bachelet, Kirchner , Merkel ou autres,

Les compétences -françaises- étant gé-né-ti-quement et sociétalement …des attributs de mecs ! :##

PS- fléau définition: grande calamité publique… Personne ou chose qui est une catastrophe par son caractère nuisible, importun (Larousse).

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Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

3 réflexions sur « " Elle a dû…coucher " ! »

  1. NOUS SOMMES D’ACCORD que le sexisme (mépris et méfiance de l’autre sexe, agressivité et abus de la position dominante envers l’autre sexe) est un fléau.
    JE NE SUIS PAS D’ACCORD quand on accuse tous les hommes français ou presque (81%) d’attitudes sexistes, surtout si cette opinion est fondée sur la confusion précitée:
    « 81% des femmes interrogées se disent confrontées au sexisme, soit à  »une idéologie qui érige la différence sexuelle en différence fondamentale entraînant un jugement sur l’intelligence, les comportements et les aptitudes ». »
    .
    J’ai entendu Madame la Ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, commenter cette enquête sur France Inter. Elle m’a fait rire quand elle a affirmé que ces 81% pouvaient parfois comprendre des manifestations d’un « sexisme amical » (ou « aimable », « compréhensif » – je regrette d’avoir oublié l’adjectif exact) du genre : « Il faut la laisser partir, elle doit chercher ses enfants à l’école ». Sans doute un écho de 1968 quand on refusait la galanterie masculine comme une manifestation sexiste.
    « Ne mettez pas tout dans le même sac, vous n’arriverez pas à le soulever ». (Stanisaw Jerzy Lec).
    (N.B. Mesdames, laissez donc aux hommes la possibilité de vous protéger – de croire qu’ils sont là pour vous protéger. Ils en ont besoin pouvoir avoir confiance en eux – et contrairement aux apparences, cette confiance est aussi facile à miner que celle des femmes en elles-mêmes. Déjà, la « dépersonnalisation » induite par notre civilisation planétaire et nos modes de vie s’y applique puissamment…)
    .
    LE SEXISME EST UNE CHOSE, LA DIFFÉRENCE SEXUELLE EN EST UNE AUTRE. Contrairement à ce qu’affirme l’enquête citée, cette différence ne relève pas de l’idéologie, elle est une réalité. Comment pourrait-on constater le contraire? Si on admet que les femmes et les hommes diffèrent les uns des autres, il semble difficile de nier le caractère f o n d a m e n t a l de cette différence. Enfin, il est évident qu’un « caractère fondamental » conditionne « l’intelligence, les comportements et les aptitudes ».
    Ce n’est pas un problème, bien au contraire, c’est une chance: les différences entre les humains, sexuelles, culturelles et bien d’autres, enrichissent nos existences et augmentent la probabilité de survie de notre espèce.
    Les problèmes commencent – et ne s’arrêtent plus quand on en déduit que chez les femmes ces qualités sont n é c e s s a i r e m e n t moindres (cela signifierait, par exemple, que pour un employeur même l’homme le plus stupide vaut mieux que une femme instruite et douée pour son travail…), ou bien quand on prétend que dans aucun domaine, en aucune circonstance, un homme et une femme ne peuvent agir de la même façon et d’atteindre les mêmes résultats. Un tel (dé)raisonnement n’a rien à voir avec la logique, pas plus qu’avec l’observation.
    .
    Le sexisme est un fléau, mais ce genre d’études bâclées (en tout cas, c’est l’impression que donne le résumé de Libération ou de l’émission de France Inter de l’enquête précitée) détourne l’attention du problème lui-même vers la contestation des pourcentages « à la louche » jetés à la tête du public.
    .
    P.S.
    1) Si « 92% des « 81% des femmes qui… » doutent de leurs capacités, cela ne vient pas principalement du « sexisme au travail ». Ce doute a des racines bien plus profondes et plus anciennes , ancrées dans le terreau fécond des églises monothéistes, puis dans toute une cohorte d’autres idéologies, de pratiques sociales et de politiques.
    2) Une contribution au débat évoque la maternité comme un problème pour les employeurs. Faire naître les enfants est un acte utile à toute la société qui doit en supporter « le coût », mais cette solidarité doit-elle passer par les entreprises? Pourquoi pas, mais suivant leur taille la charge n’est pas la même. Dans les toutes petites entreprises le « risque maternité » est parfois très élevé. L’ensemble des entreprises et/ou l’Etat ne devraient-ils pas en tenir compte ?

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    1.  » Dans les toutes petites entreprises le « risque maternité » est parfois très élevé. »

      C’est une évidence: avec les mecs aucun « risque » en ce sens, à redouter !!! :##

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  2. Pardon, mais je ne crois pas que cette phrase mérite la dérision : « Dans les toutes petites entreprises le « risque maternité » est parfois très élevé. »
    Si elle est composée de deux personnes, du ou de la « patronne » et d’une seule employée, et si sa situation financière est tout juste au niveau de la ligne de flottaison, l’absence de l’employée pendant deux mois ou plus, puis éventuellement la prise d’un « congé – maternité » sans solde d’une année, ou encore sa démission peuvent mener l’employeur (l’employeuse) à la faillite.
    C’est une réalité de dizaine de milliers de micro-entreprises.
    Tout en reconnaissant que « Faire naître les enfants est un acte utile à toute la société », en ressentant un grand respect et une émotion par rapport aux femmes enceintes, je re-pose la question: « L’ensemble des entreprises et/ou l’État ne devraient-ils pas en tenir compte ? »
    .
    Curieusement, je n’ai jamais entendu cette proposition. Ne mérite-t-elle pas la réflexion?

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