"l’Homme est la seule espèce où les mâles tuent les femelles de leur espèce"

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Self-Defense[1]

Self-défense pour femmes(Photos non contractuelles).

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Par Françoise Héritier anthropologue (auteure de Masculin/Féminin: dissoudre la hiérarchie) :

« l’Homme est la seule espèce où les mâles tuent les femelles de leur espèce.

… Les animaux connaissent certes des hiérarchies et se livrent à des combats, mais pas entre mâles et femelles, et les mâles ne battent délibérément ni ne tuent les femelles de leur groupe. Ce qui signifie que le comportement d’agression des hommes à l’égard des femmes n’est pas un effet de la nature animale et féroce de l’Homme, mais de ce qui fait sa différence, qu’on l’appelle conscience, intelligence ou culture.

C’est parce que l’Homme pense, érige des systèmes de pensée intelligibles et transmissibles, qu’il a construit le système validant la violence jusqu’au meurtre à l’égard des femelles de son espèce, qu’il le légitime et continue de le transmettre. L’Homme est donc, certes, doué de raison, mais c’est justement cette capacité qui le conduit à avoir un comportement déraisonnable. Les femelles ne sont pas tuées par leurs congénères dans les autres espèces, vraisemblablement en raison du gaspillage en termes d’évolution que ce comportement implique. Les mâles sont facilement remplaçables, ne serait-ce qu’en raison de la surabondance de leur production spermatique, alors que les femelles voient le rythme de leur vie génésique ponctué par les temps d’arrêt de la gestation et de l’allaitement.

On voit poindre ici, sur ce sujet de la violence meurtrière des hommes, la question rebattue de la nature et de la culture, dont l’anthropologie contemporaine montre désormais que la frontière entre les deux n’est pas aussi claire qu’elle pouvait le paraître à Claude Lévi-Strauss. Ce n’est pas une «nature» animale de l’Homme qui fonde la violence des représentants d’un sexe sur l’autre, et on ne peut en déduire l’existence d’une «nature» masculine violente, jalouse et possessive, ni d’une «nature» féminine douce, acceptante et soumise. Un modèle mental a été élaboré dans les temps lointains du paléolithique par Homo sapiens qui a tiré parti, dans la jeunesse de ses observations, des faits physiologiques qu’il relevait et de la nécessité de leur conférer un sens.

Pourquoi, alors qu’il y a toujours deux sexes dans chaque espèce, seul le sexe féminin est-il capable de reproduire charnellement l’un et l’autre ? Mais pourquoi ne le peut-il qu’après des rapports sexuels avec un mâle ? La réponse unique à ces questions a été que les mâles mettent les enfants dans les femelles, qui deviennent ainsi une ressource nécessaire afin qu’ils se reproduisent. La néoténie* de l’espèce et la dépendance des nourrissons fait partie de cet engrenage.

Ce modèle explicatif, construit par l’esprit humain en des temps qui ignoraient la génétique, a connu un succès fantastique. Il s’accompagne de conséquences parfois extrêmes?: l’assignation des femmes à la maternité, puis au domestique, par des moyens plus ou moins contraignants (la privation d’user librement de son corps, d’accéder au savoir, aux situations de pouvoir, la condescendance et le mépris…). Il s’accompagne aussi de l’appropriation par des hommes particuliers des capacités de femmes particulières et de la volonté de jouissance exclusive de ces capacités sexuelles, procréatives ou productives, et donc aussi du droit à la contrainte qui va jusqu’au meurtre.

C’est parce que l’Homme est un produit de la culture que, seul parmi les espèces animales, il pense avoir le droit de frapper ou de tuer des femmes dont il pense qu’elles sont à sa disposition. Mais c’est aussi, puisqu’il ne s’agit pas d’une «nature» contraignante de l’Homme, une raison de croire en la possibilité d’un bouleversement radical de ces représentations archaïques infondées parvenues jusqu’à nous »…(Extrait)

 » *Néoténie : persistance temporaire ou permanente des formes immatures ou larvaires durant le développement de l’organisme. Se dit aussi pour désigner des espèces aptes à se reproduire tout en conservant leur structure immature. L’espèce humaine a été caractérisée de néoténique parce que l’homme naît « inachevé », que son enfance est très longue et sa puberté tardive.  »

http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20120124.OBS9673/l-homme-la-seule-espece-dont-les-males-tuent-les-femelles.html

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Peter Bu (Visiteur)-(http://www.aneries-sur-les-femmes.fr)- :

[Tinguy a raison en s’exclamant:

« Des chercheurs ont pu observer que les chimpanzés femelles ont fait reculer la violence conjugale, en s’unissant contre les mâles violents. (I télé,janvier 2007)
Pourquoi pas les femmes ?
POURQUOI ? ? ? »

En effet, pourquoi ?

Quand luce-sait-y-faire affirme: « Au niveau socio-politique,
il n’y a que quand les femmes prennent en main elles-mêmes
les moyens de provoquer des changements
que ceux-ci se produisent effectivement »,

une remarque s’impose: Pourquoi n’utilisent-elle pas cette puissance pour empêcher les guerres ? Il y a 25 siècles, le dramaturge grec Aristophane y a déjà songé : voir sa pièce « Lysistrata ]

Pourquoi, demande ce (visiteur) ?

Peut-être que les chimpanzés femelles sont finalement plus malignes – socialement plus intelligentes ?- que les femelles humaines*

Obnubilées* par une concurrence féroce pour s’approprier un … mâle, justement! :##

De préférence…macho, sensé les « protéger »(!), (il faut rire ou pleurer là ?)

Concurrence qui est en fait un archaïsme: elles n’ont plus besoin de tortiller du croupion pour avoir un os à ronger; au pire, du pire… les poubelles en débordent, -préoccupation en Europe en ce moment!

Quant à la protection rapprochée du mâle, c’est plus sûr et plus gratifiant de compter sur soi en apprenant les gestes qui sauvent: « Zorro » ne sera pas toujours près d' »elles »

Luce l’a compris depuis longtemps, elle ! 😉

En résumé : « C’est parce que l’Homme est un produit de la culture que, seul parmi les espèces animales, il pense avoir le droit de frapper ou de tuer des femmes dont il pense qu’elles sont à sa disposition. » !

Bravo les religions ! -entre autres,-

Sans oublier les femmes elles-mêmes, et leur passivité légendaire, en particulier – :##… ]