[Le mari, la femme et le ciseleur]
» Autrefois il y avait un maître de maison qui tenait sa femme enfermée et ne laissait aucun homme la voir. Cette femme chargea un serviteur de faire un souterrain et elle eut des rapports avec un ciseleur dargent. Le mari, par la suite, eut vent de la chose, mais sa femme lui dit :
De ma vie je nai rien commis de semblable ; ne prononcez pas des paroles inconsidérées.
Le mari répliqua :
Je vous mènerai à lendroit où est larbre sacré.
La femme dit que cétait fort bien et ils entrèrent dans la chambre du jeûne pour observer le jeûne pendant sept jours ; la femme dit secrètement au ciseleur dargent :
Quallez-vous faire ? Feignez dêtre insensé, et ayez les cheveux épars. Les gens que vous rencontrerez sur la place du marché, emportez-les en les tenant dans vos bras.
Le mari, quand le jeûne fut terminé, fit alors sortir sa femme ; celle-ci lui dit :
De ma vie je nai vu la place du marché ; faites-moi passer par la place du marché.
Le ciseleur dargent la saisit alors dans ses bras et la coucha sur le sol au lieu même où elle était ; la femme cria à son mari :
Pourquoi laissez-vous un homme me prendre dans ses bras ?
Le mari répondit :
Cest un fou.
Le mari et la femme arrivèrent ensemble à lendroit où était le dieu. La femme dit en se prosternant la tête contre terre :
De ma vie je nai rien fait de mal ; ce fou seul ma tenue dans ses bras.
Ainsi la femme put sauver sa vie. Le mari confus garda le silence. Telle est la fourberie des femmes. »
Traduits et annotés par Edouard Chavannes
Source chineancienne.fr
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Une juste fin comte tenu de… l’enfermement ? 😉