"La publicité et la pornographie font bon ménage"

Par Serge Tisseron – Psychiatre et psychanalyste:

« Avec l’image pornographique: le spectateur est impliqué (oh combien), son esprit est mis en mouvement et il est rendu curieux. Rien d’étonnant si la publicité et la pornographie font si bon ménage! »

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… » Après le porno chic, voici donc le porno citoyen. D’une certaine façon, rien d’étonnant. Le sexe a envahi la publicité depuis longtemps. Mais pourquoi cette proximité? D’où vient l’alliance si forte entre publicité et pornographie, aussitôt que les tabous moraux qui imposaient de ne pas l’utiliser sont tombés? N’oublions pas que la publicité excite nos désirs pour mieux les détourner. La publicité à contenu sexuel explicite y réussit elle mieux que celle qui joue sur des métaphores feutrées? Il semble bien que oui..

J’ai désigné en 1995 ces trois caractéristiques des images comme les trois ressorts complémentaires de notre désir d’en créer, d’en regarder et d’en jouir, et je les ai appelé respectivement « pouvoir d’immersion », « pouvoir de transformation » et « pouvoir de signification ». Or il faut bien reconnaître qu’aucune forme d’image ne les suscite plus intensément que l’image pornographique…

Et l’image pornographique fut

Commençons par le pouvoir d’immersion. Il est si évident qu’il est inutile d’insister. Le spectateur d’une image pornographique s’imagine facilement à la place de l’un ou l’autre des protagonistes: voir une scène sexuelle, c’est -pour autant que notre morale l’accepte- avoir envie de l’accomplir. Le pouvoir de transformation du spectateur est tout autant mis à contribution: si l’image est fixe, il l’anime en pensée et lui donne les suites qu’il désire, et si elle est animée, il en anticipe le dénouement. Enfin, le spectateur est en position de voyeur, mais aussi de déchiffreur. Il est voyeur parce qu’il se retrouve forcément dans la posture de l’enfant qu’il a été, imaginant ou plutôt tentant d’imaginer la relation sexuelle entre ses parents dont il se pense légitimement exclu, tout en en étant le produit. Mais l’adulte n’oublie pas pour autant qu’il est un adulte: il est alors non pas celui qui observe ce que Freud aurait appelé une scène primitive entre les parents, mais celui qui observe une scène dont il jouit de chacun des points de vue en pouvant s’imaginer alternativement à chacune des places, alors que dans l’accomplissement réel de l’acte sexuel, et sauf mise en scène nécessitant plusieurs partenaires, il n’occupe toujours qu’une seule place à la fois « …(Extraits).

http://www.huffingtonpost.fr/serge-tisseron/porno-chic-porno-citoyen_b_5496443.html?utm_hp_ref=france

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« Après le porno chic, voici donc le porno citoyen. D’une certaine façon, rien d’étonnant. Le sexe a envahi la publicité* depuis longtemps »

Et la planète* tout entière..

Jusqu’à l’overdose ?

Trop de sexe tue le sexe !!! :##