« Souvent bafouée, longtemps ignorée… manière dont la sexualité féminine a été considérée au fil du temps. »
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Sylvie Chaperon :
» En Occident, ce sont principalement les médecins et les religieux hommes qui ont parlé de la sexualité féminine, il existe très peu de sources venant des femmes avant le XXème siècle. Cela explique la vision très masculine de la sexualité. Ces derniers sintéressaient essentiellement à la reproduction : grossesses, utérus, accouchements, etc.
La sexualité féminine est jugée indispensable, car même du côté de lEglise on estime que la jouissance féminine est impérative, dans le cadre du mariage et dune sexualité reproductive. A tel point, que pendant très longtemps on a estimé que labsence de plaisir pouvait causer des maladies comme lhystérie. Le discours a été assez stable pendant des siècles, car on répétait les discours des médecins de lAntiquité. Cependant, il y a eu des découvertes avec les progrès de lanatomie au XVII et XVIIIèmes siècles notamment le clitoris. Le clitoris devient lorgane du plaisir féminin. Cependant, cela reste une sexualité androcentrique cest-à-dire centrée sur lhomme. Ce nest que le coït hétérosexuel et conjugal qui correspond à la sexualité légitime.
On voit apparaitre au XVIII et XIXèmes siècle, la nécessité pour lhomme de savoir donner du plaisir à sa femme, avec des manuels : sur la nuit de noce, sur le plaisir féminin, apprendre à stimuler le clitoris
Ce nest donc jamais une sexualité autonome, toujours sous le joug masculin.
Quel était l’enjeu du contrôle de la sexualité ? Quel est-il aujourd’hui ?
Lenjeu était essentiellement reproductif, il fallait contrôler sa progéniture pour ne pas avoir de bâtard. Dailleurs, sous le code Napoléon, ladultère féminin était sanctionné mais pas ladultère masculin. Jusquà la fin du XIXème siècle, on a lidée que lépanouissement psychique exige le plaisir régulier. On a cru que sans le plaisir il ne pouvait pas y avoir de conception denfant. A tel point que les femmes qui tombaient enceintes à la suite dun viol, nétaient pas considérées comme victimes car on pensait quelles avaient forcément eu du plaisir. Jusquà ce quon découvre que lovulation était un phénomène lié aux cycles menstruels, car avant on voyait la production de semence féminine sur le même modèle que la masculine.
On est toujours dans une conception très masculine de la sexualité : dans la pornographie et dans lérotisme. Il ny a pas beaucoup de description dune sexualité féminine qui ne reproduise pas celle des hommes, cest-à-dire surtout coïtale et liée à la pénétration « … (Extrait).
(Sylvie Chaperon est professeur dhistoire contemporaine du genre.)
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» On est toujours dans une conception très masculine de la sexualité : dans la pornographie et dans lérotisme. Il ny a pas beaucoup de description dune sexualité féminine qui ne reproduise pas celle des hommes, cest-à-dire surtout coïtale et liée à la pénétration * « …
Si une majorité de femmes, ne continuait pas à…feindre l’orgasme obstinément, peut-être que des mecs s’apercevraient…enfin, que leur « joujou » n’est en vérité, pas si « extra » que cela CONCERNANT la sexualité…féminine ! (On ne parle pas ici de…reproduction!)
Même si les nanas raffolent de tout le… « reste » *, quand il y en a ! :##