Là « où les hommes ne méprisaient pas les femmes, plutôt le contraire »…

 » Chère Tingy,

Merci de continuer l’échange. Je ne doute pas de ce que vous écrivez, simplement, nous n’avons pas la même expérience. Quand il s’agit de la brutalité des relations entre les hommes et les femmes, la votre est sûrement bien plus large et profonde que la mienne. C’est pour cela que je vous lis: je suis (toujours encore) curieux de découvrir des mondes que je ne connais pas.

Pendant mon adolescence et ma jeunesse, j’ai vécu en Europe de l’Est dans un milieu artistique et intellectuel où les hommes ne méprisaient pas les femmes, plutôt le contraire. Puis, pendant mon service militaire (20 mois), je n’ai rien entendu non plus qui ressemblerait aux violences relatées par vous: nous étions isolés des femmes et frustrés. (Toutes les armées instaurent la privation sexuelle pour rendre les hommes aptes à tuer. Cela change peu à peu parce que les militaires occidentaux n’ont plus besoin de la férocité des soldats, ils savent maintenant faire tuer à distance, dans une quasi indifférence.) Cette frustration pouvait donner lieu à des blagues machistes, mais guère à autre chose. Pourquoi? D’une part, nous vivions dans un état policier où tout le monde était surveillé presque en permanence et dans lequel la prostitution visible et facile d’accès n’existait pas, elle était interdite et impossible à pratiquer. D’autre part, les états socialistes prônaient l’égalité des sexes et respectaient la maternité en la facilitant sur le plan matériel. (Ces régimes totalitaires ne méritent pas d’être défendus, mais dans quelques domaines ils ont tout de même fait des choses positives.) En ces temps en Europe de l’Est, les femmes n’étaient pas sous-estimées, au moins pas trop, et ne manquaient pas de respect pour elles-mêmes. La violence existait au sein des familles, mais je n’ai pas eu l’occasion de la rencontrer. Cela semble avoir changé depuis, en pire.

En France j’ai continué à vivre dans un milieu universitaire puis culturel en organisant des festivals de « théâtre physique », entendez mime et danse dans toute la richesse de leurs styles. (Entre 1968 et environ 1995 ces deux domaines ont connu un foisonnement créatif tout à fait exceptionnel.) La danse européenne est un art féminin même si des hommes peuvent y exceller. Pour le mime, c’est plutôt l’inverse. Pendant ces festivals, ces deux arts proches et pourtant très différents se côtoyaient : la question d’une quelconque supériorité des hommes sur les femmes ou inversement ne se posait pas. Dans le cadre de mon activité professionnelle, je voyais des milliers de spectacles qui exprimaient, entre autre, la violence du monde, y compris celle entre les hommes et les femmes, parfois avec une très grande force, mais en la transformant en oeuvres artistiques…J’ai lu beaucoup d’ouvrages de femmes et sur les relations entre les femmes et les hommes, mais là encore il s’agissait des récits, pas des réalités vécues.

Bref, j’ai eu plutôt de la chance et même dans ma vie personnelle, parfois mouvementée, je n’ai pas dû affronter les « réalités sexuelles brutales et indignes » que vous dénoncez. Vous avez raison de les combattre. Mais je sais que le comportement masculin et le vécu féminin que vous décrivez ne sont pas universels. (D’après ce que vous avez écrit sur votre vie, vous le savez, vous aussi.)

Je lis souvent votre blog et je l’apprécie …

Rodolphe S…o « 

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 » Mais je sais que le comportement masculin et le vécu féminin que vous décrivez ne sont pas universels. (D’après ce que vous avez écrit sur votre vie, vous le savez, vous aussi.) »

Ils sont hélas bien… « universels »!

Mais heureusement pas généralisés

Monamoureux pourrait…l’attester

Ainsi que Rodolphe S…o, avec qui j’ai l’honneur et le plaisir de dialoguer! 😉

Curieusement, ce témoignage me montre en creux

L’état de la société française

Dont près de 70% soutiennent, d’une manière ou d’une autre,
des beaufs franchouillards, sexuellement, moralement et… humainement

Dé-com-ple-xés :##

« Prostitution : 68% des Français opposés à la pénalisation des clients…74% des sondés (français) sont pour la réouverture des maisons closes »…
On touche le fond ici: »67% des sondés (français) sont « d’accord » avec la phrase : « le fait de se prostituer est dégradant* pour les prostitué(e)s » !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

La vérité toute nue(elle aussi), c’est que la « dégradation » *, n’est pas pour « l’exploitée sexuelle »: le « dégradé » est bien le client prostituteur !

Saloperie de machisme/misogynie/patriarcat à la française !