La disparition du père…

…  » Le point commun du clonage et de la parthénogenèse, c’est la disparition du père. A échéance, le mâle ne sera plus indispensable pour la reproduction des espèces. La femelle se suffit à elle-même pour porter sa semblable, que celle-ci soit issue d’une cellule adulte reprogrammée (clonage) ou de deux cellules embryonnaires fusionnées (parthénogenèse).

Pour obtenir un embryon, il faut habituellement un ovocyte femelle et un spermatozoïde mâle. Ce dernier permet d’exprimer ou d’inhiber certains gènes et de lancer ainsi la croissance de l’œuf fécondé. Les biologistes japonais ont remplacé le spermatozoïde par un second ovocyte immature et transformé, capable notamment d’exprimer la protéine de croissance IGF-2. Malgré le choix lexical de Tomohiro Kono, cette naissance n’est pas tout à fait une parthénogenèse, qui implique un seul ovocyte femelle capable de se multiplier : il s’agit plutôt une forme inédite d’homoparentalité. L’empreinte paternelle, comme on l’appelle en termes techniques, était jusqu’à présent nécessaire pour réveiller l’œuf et lancer les signaux biochimiques de la genèse embryonnaire : elle ne l’est plus. Mise en évidence chez les pucerons par Charles Bonnet au XVIIIe siècle, la parthénogenèse (littéralement naissance virginale) fascine les chercheurs depuis longtemps. Ils sont parvenus à former des oursins (Loeb, 1899) et des grenouilles (Bataillon, 1910).
L’inventeur de la pilule, Gregory Pincus, dit avoir fabriqué des lapines en 1939, mais son expérience ne pourra jamais être reproduite. C’est désormais chose faite, le protocole utilisé par Tomohiro Kono étant parfaitement décrit et reproductible. A court terme, la maîtrise de la parthénogenèse mammifère devrait servir le traitement de l’infertilité et l’élevage intensif. A long terme, les enjeux sont plus vertigineux…

Des généticiens japonais ont donné naissance à une souris sans père tandis que leur collègue anglais prédit la disparition inéluctable du mâle Homo sapiens. Les labos inventent aujourd’hui le matriarcat de demain : et si le féminisme était un biologisme ? « …
Source mutagènes

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No comment !!!