Par Anaïs Chatellier
… »Au Caire, le docteur Maged Louis fait partie de ces professionnels à qui on fait appel pour déterminer si oui ou non, la personne incarcérée est homosexuelle. Ainsi, pour déterminer lorientation sexuelle dun détenu, il sagit ni plus ni moins dexaminer la taille de lanus de la personne concernée alors en position de prière pour passer les examens.
La taille du trou va changer. Lanus sera anormal et ressemblera à un vagin, explique très sérieusement ce directeur adjoint de lautorité médico-légale liée au ministère de la Justice, avant dajouter : Dans lanus dun homme normal on ne peut pas mettre plus dune articulation du petit doigt. Et pour appuyer ses propos, celui-ci nhésite pas à affirmer que ces diagnostics sont scientifiques.
Il sappuierait ainsi sur les recherches dun des pionniers dans lexamination anale en Égypte, le docteur Aymen Fouda, son prédécesseur au poste de directeur adjoint. Celui-ci expliquait en 2003 lors dune interview que ces examens étaient inspirés de techniques venues dEurope et plus précisément de la France. Il sagit des écrits dAuguste Ambroise Tardieu, médecin légiste français du 19ème siècle clairement homophobe, qui dans son ouvrage publié en 1857, Étude médico-légale sur les attentats aux murs, énonçait six caractéristiques de la pédérastie habituelle.
Alors même que les méthodes de Tardieu faisaient déjà controverse à lépoque, les utiliser au XXIème siècle paraît absurde et aberrant. Dautant plus que Fouda semble avoir poursuivi les recherches du médecin français pour créer de nouvelles méthodes avancées impliquant lutilisation délectricité. En insérant des aiguilles hypodermiques dans les muscles non anesthésiés de lanus, Fouda prétend démontrer que ceux des homosexuels conduisent lélectricité à un taux différent, rapporte Buzzfeed. Le résultat de lenquête est donc pour le moins inquiétant.
Les examens anaux, des actes de torture
Pourtant, de nombreuses associations de défense des droits de lhomme dénoncent depuis longtemps ces méthodes archaïques. Les examens anaux réalisés de force à la demande dun État ont été reconnus comme actes de torture par le Comité des Nations Unies contre la torture, rappelle Human Rights Watch. Dautant plus que ces tests sont loin dêtre fiables et jouent davantage sur lintimidation pour faire avouer à la personne sa sexualité.
Les médecins légistes reconnaissent que la forme de lanus ne constitue pas une preuve déterminante ni suffisante dhomosexualité déclarait lavocat engagé Nizar Saghieh, lors du scandale au Liban des examens de la honte exercés dans certaines casernes afin de vérifier la sexualité des personnes suspectées dhomosexualité. Et la liste des pays où ces examens anaux sont routine est longue. Selon Buzzfeed, pas mois de 80 pays criminalisent encore la sodomie.
En Égypte en tout cas, ces examens anaux ne semblent pas poser problème à grand monde puisque même avocats, qui soutiennent pourtant les droits LGBT, ne paraissent pas remettre en question leur légitimité. Il paraît même que dans certains cas, ce sont eux qui font la démarche auprès de la police pour quun examen soit réalisé sur leur client dans lespoir que cela pourra linnocenter »(Extrait).
http://www.konbini.com/fr/tendances-2/egypte-homosexualite-methodes-archaiques/
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L’homophobie et « les examens de la honte
Tout le temps qu’existeront des…religions(!) pour stigmatiser, faire emprisonner et torturer, ou appeler à la chasse aux homos et au …meurtre ? :##