(Pour ceux qui l’ont raté, article génial, à lire absolument )
Par Nadia Daam:
… » Tout est parti dune étude publiée au début du mois de janvier dans une parution destinée aux enseignants et réalisée par le Sex Education Forum, une association qui milite en faveur dune meilleure éducation sexuelle des enfants et des adolescents.
Lenquête, menée sur 890 adolescents britanniques, révélait quun ado sur trois navait pas reçu dinformations, par les enseignants, sur ce quest le consentement. Autrement dit, une majorité délèves na jamais entendu, à lécole, que son corps lui appartient et que personne na le droit den disposer sans son accord.
En commentant cette étude, la coordinatrice de lassociation, Lucy Emmerson, pointait les failles et les lacunes du système scolaire britannique, mais elle estimait aussi quil incombait aux parents dapprendre aux enfants quils ont le droit de refuser un contact physique qui les dérange, même sil peut sembler anodin et ce dès le plus jeune âge:
«Je crois que lenseignement du consentement se fait à lâge zéro. Les très jeunes enfants apprennent beaucoup de ce quils vivent chaque jour, et donc de la manière dont leur opinion est prise en compte et comment ils parviennent ou non à contrôler leurs contacts physiques avec autrui.»
Culture du consentement
Et le contact physique du quotidien que Lucy Emmerson a en ligne de mire, cest le bisou forcé au grand-père à la grand-mère, au tonton… Selon elle, contraindre les enfants à embrasser un membre de la famille, cest lamener à considérer que son propre corps ne lui appartient pas, que tout adulte peut en faire ce quil veut et ce même sil manifeste clairement son désaccord.
Lexperte conseille donc de proposer à lenfant de saluer ses grands-parents/tontons/tatas par un bisou en lair, un coucou de la main ou éventuellement un check. Cest ce qui, selon elle, facilitera la construction d«une culture du consentement» qui permettrait de limiter les cas dabus sexuels.
Le raisonnement a beau être frappé au coin du bon sens et étayé par les psychologues qui ont participé à létude, il nen a pas moins suscité une véritable polémique autour de ce fameux bisou forcé. La publication dune tribune dans The Guardian, qui va dans le sens dEmmerson, est venue attiser les braises de la discorde et a déjà suscité plus de 800 commentaires…
…On ne saurait que trop suggérer à Norman Wells de relire les propos de Lucy Emmerson.
A aucun moment la coordinatrice de lassociation ne compare le bisou forcé à une agression sexuelle. Elle estime même que les bisous et les accolades peuvent constituer de merveilleux moments tant que cest lenfant qui en fait la demande. Cest la répétition du «bisou forcé» parfois assorti de menaces ou de culpabilisation («fais un bisou à mémé ou je vais me fâcher/ou elle va être triste») qui va lamener à croire quil doit accepter tous les contacts de la part dun adulte.
«Fais un bisou sinon je ne taime plus»
Et cest effectivement le fait que le bisou forcé est totalement entré dans nos habitudes familiales qui représente un problème. Personne ne songerait à contraindre un adulte à en embrasser un autre. Mais lidée selon laquelle le bisou est la seule marque daffection valable et que lenfant doit donc sy plier est tellement entré dans les murs que personne, ou presque, navait jusquici songé à remettre cette pratique en question.
Le «fais un bisou à tonton» est dailleurs tellement ancré dans le paysage des relations familiales quil avait même donné naissance à des saynètes récurrentes dans le programme les Deschiens qui pointaient, avec humour, mais clairvoyance, son caractère oppressant »…
Extraits).
http://www.slate.fr/france/82187/enfants-bisous
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J’ai toujours pensé la même chose :yes:
J’en ai vu plein qu’un parent embrassait de force(!) et qui s’essuyaient la joue ensuite, d’un geste rageur ou dégoûté !
Et chaque fois qu’une mère disait, en ma présence à son/sa gamin(e)fais un bisou à un(e) tel(le), et qu’elle se fâchait quand il manifestait un refus ou carrément de la répulsion
Je ressentais un réel… malaise!
Et quand c’était à moi, que s’adressait le « manque d’élan » de l’enfant, je me voyais obligée de dire à la mère, qu’il ne faut jamais forcer un enfant à faire un bisou à quelqu’un,… même à un parent proche !
Vous imaginez un enfant FORCE par sa mère de faire un bisou à son … « FORCEUR » sexuel ?
On ne peut occulter cette réalité sordide : « Les chiffres sont saisissants. Selon un sondage Ipsos, on évalue à 2 millions le nombre des victimes dinceste dans notre pays. Deux millions. 20 % des procès dassise sont consacrés à ces affaires insupportables. Quest-ce donc qui entraîne tant de pères, de frères, doncles ou de grands-pères, à violenter des enfants âgés, pour la moitié dentre eux, de moins de 9 ans ? » Sondage Ipsos-(http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/2-millions-victimes-d%E2%80%99inceste-en-france-51809.html)
Et aussi incroyable que cela paraisse :
« Autrement dit, une majorité délèves na jamais entendu, à lécole, que son corps lui appartient et que personne na le droit den disposer sans son accord. » !!!