» Cinq cents contes et apologues extraits du Tripitaka chinois
Traduits et annotés par Edouard Chavannes :
…Pourquoi s’intéresser aux contes ?
La première raison que nous avons de nous intéresser aux contes bouddhiques est donc que, sans ces contes, tout un aspect de la religion nous échapperait. Nous ne comprendrions plus comment le bouddhisme, avec sa doctrine quintessenciée, a pu recruter tant dadeptes, car nous nentendrions pas le langage familier quil sait tenir quand il veut se rendre accessible aux âmes les plus frustes. Le conte a été le principal instrument de lévangélisation bouddhique ; la propagation des contes a été ici un effet de la propagande religieuse.
Hiuan-tsang nous dit que, lorsque le roi de Khoten se proposait dattaquer le roi de Kachemir, un religieux, pour len détourner, lui conta les aventures du roi Murdhaja qui se perdit par son insatiable ambition…
…il serait vain den chercher lorigine, car bon nombre dentre eux appartiennent aux temps où lécriture nexistait pas encore. Ils sont, à vrai dire, un mode de penser primitif ; dune part, ils expriment toute lexpérience humaine qui, à ses débuts, est conçue par lesprit, non sous forme abstraite, mais comme spécifiée dans des cas concrets ; dautre part, ils supposent un animisme qui doue de raisonnement tous les êtres de la nature. Notre intellect a pour ces modes de représentation une affinité si grande que, dès quil les a vus, il ne les oublie plus ; peut-être même en conserve-t-il par hérédité comme une sorte daccoutumance qui les lui rend familiers aussitôt quon les lui montre. Comment expliquerait-on autrement la vitalité extraordinaire des paraboles qui ont servi successivement à illustrer les enseignements de religions diverses parce que chaque religion à son tour y trouvait un moyen dévoquer, dans lâme ce qui en est le tréfonds moral ? Comment expliquerait-on la valeur pédagogique des fables de La Fontaine qui doivent leur succès auprès des enfants, non aux qualités littéraires de lauteur, mais aux emprunts faits aux plus vieilles traditions ? Les thèmes de conte sont en dehors du temps présent et de lindividu ; ils appartiennent à ces pensées sociales qui se sont constituées à travers des siècles innombrables et qui nous dominent aujourdhui de tout le poids de leur long passé ; ils ont donc un intérêt capital pour le philosophe qui démêle en eux les éléments dune psychologie des peuples fondée, non sur des abstractions, mais sur des réalités. A ce point de vue, la science des contes est une des plus difficiles et des plus profondes auxquelles on puisse se livrer. Si la présente publication est de quelque utilité à ceux qui sy consacrent, jestimerai quelle a atteint son but. » (Extraits)
chineancienne.fr
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» Le conte a été le principal instrument de lévangélisation bouddhique »
Et des religions en général ! 😉
La « croyance »* relève de la… FOI
Elle* n’est pas synonyme de… »vérité » !