(Photo non contractuelle)
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Par Sporenda:
« …Mais surtout, ce qui est très important pour lanalyse de la notion de crime passionnel, les motivations des femmes qui tuent sont radicalement différentes de celles des meurtriers :
◾côté femmes, la motivation la plus fréquente des maricides (meurtre du mari/compagnon) est, dans une proportion des 3/4, la légitime défense, la deuxième étant la protection des enfants contre un mari violent ou incestueux.
◾côté hommes, les trois principales motivations des uxoricides (meurtres dépouse/compagne) sont, par ordre décroissant la fin de la relation lorsquelle est décidée par la femme (près de la moitié des cas), son infidélité réelle ou supposée ou sa résistance aux efforts du mari pour la contrôler (1).
« Souvent les hommes tuent leur femme après de longues périodes de violence physique prolongée accompagnée dautres formes dagression et de contrainte ; dans ces cas, les rôles sont rarement, voire jamais, renversés. Les hommes se livrent à des massacres « familiaux » et tuent simultanément leur femme et leurs enfants ; ce que les femmes ne font pas. Il arrive souvent que les hommes traquent et tuent les femmes qui les ont quittés ; les femmes ne se comportent presque jamais de cette manière. Les hommes tuent leur femme à la suite de meurtres-suicides planifiés ; on nentend presque jamais parler dactes semblables commis par des femmes. Les hommes tuent après avoir appris que leur femme a été infidèle ; les femmes ne réagissent presque jamais de la même manière bien que leurs conjoints soient souvent plus portés à ladultère. » (2) Dans la majorité des cas duxoricides, la motivation du meurtre reflète ce que lon pourrait appeler « laffirmation sexuelle propriétaire du mari sur la femme. » (3). Et plus cette affirmation sexuelle propriétaireet donc le désir de contrôleest forte, plus lhomme aura recours à la violence. Si dune part les motivations qui définissent le crime passionnel par opposition aux violences conjugales sont la jalousie, ladultère et le refus dêtre quitté par son partenaire et que, dautre part, les statistiques criminelles établissent que les femmes tuent essentiellement pour se protéger ou pour protéger leurs familles et rarement par jalousie ou suite au départ de leur compagnon, il semble que (pour paraphraser la formule de Daniel Welzer-Lang sur la violence conjugale), le crime passionnel ait un genre, le masculin, celui de la victime étant clairement le féminin.
Version moderne du crime dhonneur »…
…A noter que la notion de provocation féminine est présente dans tous les crimes contre les femmes : ce sont les violées qui ont provoqué leur violeur, les fillettes qui ont provoqué le père incestueux, les mégères qui ont provoqué leur mari. « La provocation ne devrait pas plus être considérée comme une invitation à user de représailles que la manière de se vêtir dune femme incite au viol » (10).
Lorsque elle fait partie de larsenal législatif dun pays, la défense du crime dhonneur accorde aux hommes un véritable permis de tuer les femmes censées avoir enfreint les règles patriarcales imposées à leur sexe ; cest un archaïsme radicalement incompatible avec les notions notion de démocratie et de droits de lhomme. Le problème est que, même là où la notion de crime dhonneur na plus cours de jure depuis longtemps comme en France, elle a été remplacée par celle de crime passionnel, qui conserve un grand poids dans les représentations collectives. Lors de laffaire Cantat, les médias ont abondamment brodé sur le cliché du criminel passionnel, brave type un peu soupe au lait poussé au meurtre par le désespoir amoureux où la réduit une femme-qui-nétait-pas-une-sainte. La persistance de ces pseudo-explications des violences masculines qui en occultent les causes réelles et contribuent à perpétuent la tolérance sociale dont elles bénéficient nous incite à nous interroger sur la remarquable capacité de renouvellement et de redéploiement stratégique du pouvoir patriarcal dans nos sociétés modernes »…(Extrait)
A lire absolument, ici http://www.isabelle-alonso.com/le-crime-passionnel-concept-sexiste/
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« la cerise sur le gâteau étant que le meurtrier(de sa propre femme!), continue ainsi à bénéficier dune sympathie sociale qui serait refusée au machiste archaïque[…]Le problème est que, même là où la notion de crime dhonneur na plus cours de jure depuis longtemps comme en France, elle a été remplacée par celle de crime passionnel, qui conserve un grand poids dans les représentations collectives. Lors de laffaire Cantat, les médias ont abondamment brodé sur le cliché du criminel passionnel, brave type un peu soupe au lait poussé au meurtre par le désespoir amoureux où la réduit une femme-qui-nétait-pas-une-sainte. La persistance de ces pseudo-explications des violences masculines qui en occultent les causes réelles et contribuent à perpétuent la tolérance sociale dont elles bénéficient nous incite à nous interroger sur la remarquable capacité de renouvellement et de redéploiement stratégique du pouvoir patriarcal dans nos sociétés modernes« .
« A force de tout voir, on finit par tout supporter
A force de tout supporter, on finit par tout tolérer
A force de tout tolérer, on finit par tout accepter
A force de tout accepter, on finit par tout approuver!» Saint Augustin
En effet !!!
Une Américaine de cent deux ans, qui fut à la tête de lune des premières ONG de lhistoire, a dit en 2000 : « je vois que rien na changé pour les femmes depuis mon époque. On les bat, toujours, on les viole, on les tue et personne narrive à empêcher cela ».
Et partout sur la planète ! :##