" Aussi inquiétante que méconnue, cette statistique, ce "presque million de jeunes à la dérive"…

Par Pascale Krémer:

« Lassana et Malik sont comme les voitures auxquelles ils sont adossés. A l’arrêt.

Rencontrés sur le parking d’une barre de douze étages, à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), les deux jeunes hommes (qui ont souhaité conserver l’anonymat) portent la même casquette noire et une semblable résignation. « Le boulot ? Je cherche plus à chercher », lance, bravache, Lassana, 22 ans.

En 3e, l’école l’a « jeté » sans s’inquiéter de son devenir. Pas de place en lycée professionnel. A la mission locale, il a eu droit à deux courtes formations. Cariste et soins à la personne. « Et puis rien. C’est mort pour toi si t’as pas de piston. Pour les jeunes des cités, y a que du travail de chien. Dans l’intérim, ils nous exploitent à fond. On se respecte, on est nés ici, on a été à l’école. On va pas ramasser la merde des gens comme nos parents. »

Malik, lui, a arrêté en deuxième année son BEP électrotechnique et a cherché du travail pendant un an. « Là, c’est bon, c’est sorti de ma tête. Je fais deux-trois petits boulots chez les gens, au noir. L’intérim, j’ai lâché l’affaire, c’est deux semaines ; à la fin, ils te jettent comme un chien. Ça débouche sur rien. Et tu te retrouves là, sur le parking. »

Comme Lassana et Malik, 900 000 jeunes de 15 à 29 ans n’étudient pas, mais ne cherchent pas pour autant du travail. Ils ne croient plus, ou n’ont jamais cru, pouvoir trouver un jour un emploi. Aussi inquiétante que méconnue, cette statistique, ce « presque million de jeunes à la dérive »…(Extrait)

La suite sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/01/ces-900-000-jeunes-inactifs-decourages-de-tout_3422155_3224.html#o7vCqWY0Lvt4IIDI.99

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« C’est mort pour toi si t’as pas de piston. Pour les jeunes des cités, y a que du travail de chien. Dans l’intérim, ils nous exploitent à fond. On se respecte, on est nés ici, on a été à l’école. On va pas ramasser la merde des gens comme nos parents.[…]Comme Lassana et Malik, 900 000 jeunes de 15 à 29 ans n’étudient pas, mais ne cherchent pas pour autant du travail. Ils ne croient plus, ou n’ont jamais cru, pouvoir trouver un jour un emploi. Aussi inquiétante que méconnue, cette statistique, ce « presque million de jeunes à la dérive »…

Cet article paru le 01.06.2013 dans le Monde

Est toujours d’actualité !

« Rien n’est simple – sauf le laisser-aller  »

De trop de citoyens jeunes et moins jeunes/familles/pouvoirs publics/société… ?

Laissant un vide/désespérance où s’engouffrent des « directeurs de consciences »(!) de tous bords ?

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Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

Une réflexion sur « " Aussi inquiétante que méconnue, cette statistique, ce "presque million de jeunes à la dérive"… »

  1. « De trop de citoyens, jeunes et… moins jeunes ? »

    Certainement pas. Par contre trop de personnes égoïstes et totalement inconscientes des conséquences probables de leur bêtise accaparante.

    Si on réduit les gaspillages et élimine la surconsommation, on peut diminuer la durée du travail « contraint » (contraignant mais indispensable pour la société) à environ deux heures par jour. Personne alors ne serait inutile.

    De nombreux projets dans ce sens existent. Il faudrait « déboulonner » la caste dirigeante vorace (économique et politique, privée et publique) qui empêche leur réalisation.

    Pour approfondir ce bref échange on peut lire, par exemple, « Travailler deux heures par jour » d’Adret, les publications de Négawatt, les réflexions sur la production organisée en coopératives, « La condition de l’homme moderne » de Hannah Arendt, « Changer d’ère » de Jacques Robin, « Métamorphoses du travail, quête du sens » d’André Gorz, « L’horreur économique » de Viviane Forrestier, « Le défi de l’argent » de George Soros, « Le droit à la paresse » de Paul Lafargue (gendre iconoclaste de Karl Marx…) etc.

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