De la sphère de l’intime : " cette femme aux mille verges " ?

Par Virginie Martin et Pierre Lénel:

… « être une femme, c’est encore et toujours répondre aux injonctions de la scène patriarcale, c’est être prise, dans tous les sens du mot, dans un rapport de force. Cela supposerait donc d’avoir une sexualité contrôlée par l’homme, comme par la morale, une sexualité « digne ». Nancy Huston écrivait ainsi, en 2012, dans Reflets dans un regard d’homme : « Existe-t-il beaucoup d’hommes capables d’envisager sereinement la vie auprès d’une femme qui a reçu en elle ou sur elle, dans sa prime jeunesse, le sperme de trois mille pénis différents ? ». De même, être une femme, cela supposerait aussi de ne pas être une prostituée. Toujours selon N. Huston, « que ce soit devant un appareil photo, une caméra ou un client, elle se déshabille jour après jour et, pour de l’argent, offre sa poitrine, son vagin, son anus, son visage, à l’éjaculation anonyme. Que seront vraiment prêts à entendre, de ce ‘métier comme les autres’, maintenant ou plus tard, son amoureux, son mari, ses enfants ? ». Point trop de sexe, point de prostitution : la femme se doit d’être bien rangée, à la bonne place de l’ordre, naturel, des choses.

De même, il serait à la fois établi que d’un côté les femmes se rêvent et/ou se fantasment en prostituées et que d’autre part, les hommes ne supporteraient pas, dans la vraie vie, cette femme aux mille verges. Redoutable contradiction qui se résout si facilement par le patriarcat !…

Arrêtons là.

C’est bien un rapport puisant dans la domination masculine qui se joue. C’est aussi dire aux femmes qui oseraient sortir de ce schéma qu’elles sont exclues du romantisme.

La sexualité semble donc rester le lieu tenace de « l’essentialisme stratégique », comme le nomme G. Spivak : ces auteurs assignent « les femmes » à résidence, les réifient, parlent en leur nom, les catégorisent, leur donnent des ordres à travers l’espace public mondial. Impossible désormais de s’attaquer directement à l’égalité professionnelle ? Impossible de lutter contre la parité en politique ? Peu importe, c’est à la sphère de l’intime que la résistance patriarcale s’attaque pour garder son avantage. C’est par la voie du sexe que la résistance au féminisme est aujourd’hui la plus forte, une voie qui touche au for intérieur et que l’on considère trop souvent, à tort, comme non politique. » (Extraits).

http://www.huffingtonpost.fr/virginie-martin/domination-hommes-sexualite_b_3365884.html?utm_hp_ref=sexualite

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 » c’est à la sphère de l’intime que la résistance patriarcale s’attaque pour garder son avantage. C’est par la voie du sexe que la résistance au féminisme est aujourd’hui la plus forte, une voie qui touche au for intérieur et que l’on considère trop souvent, à tort, comme non politique.  »

‘la sphère de l’intime’ à ne pas toucher ?! C’était bien politique et voté par des politiques mâles : « Le devoir conjugal » ou permis de violer légalement sa femme ?

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Auteur : Tingy

Romancière féministe : je viens de publier " Le temps de cuire une sauterelle " :-)) Et de rééditer : "Le Père-Ver" et "Le Village des Vagins" (Le tout sur Amazon) ... et peintre de nombreux tableaux "psycho-symboliques"... Ah! J'oubliais : un amoureux incroyable, depuis 46 ans et maman de 7 "petits" géniaux...

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